Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie française Économie française Économie française Tribune Collectif Stabiliser durablement la dette suppose un ajustement de 125 milliards d’euros avant la fin du prochain quinquennat, constatent, dans une tribune au « Monde », quatre économistes de renom, qui ont rendu au gouvernement leur rapport sur l’état des finances publiques, mercredi. Publié aujourd’hui à 13h34 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Pendant longtemps, la France a bénéficié de circonstances exceptionnelles qui ont masqué la dégradation progressive de ses finances publiques. La baisse continue des taux d’intérêt, la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne, qu’elle a assortie d’achats importants de titres de dette publique, le « dividende de la paix », qui permettait de contenir les dépenses militaires, ainsi que la suspension temporaire des règles européennes de discipline budgétaire ont représenté autant d’amortisseurs. Las, cette période est révolue. Or, dans le débat public, on fait encore souvent comme si ces conditions favorables subsistaient. C’est une erreur, le constat est clair. Avec un déficit public supérieur à 5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, la France figure parmi les pays les plus déficitaires de l’Union européenne. Surtout, ledit déficit n’est plus seulement le reflet d’une conjoncture difficile ; il est devenu structurel. Il nourrit une dette qui progresse année après année, renchérit peu à peu notre coût de financement et réduit nos marges de manœuvre. Le véritable danger n’est plus tant le niveau actuel de la dette que son inertie. La notion de « finances publiques à politique inchangée » devrait entrer dans le vocabulaire courant. Elle véhicule une réalité très intuitive : les mécanismes déjà inscrits dans la législation suffisent, à eux seuls, à entraîner une nouvelle dégradation des comptes publics. La charge de la dette augmente mécaniquement avec le refinancement des emprunts à des taux désormais plus élevés. De 2026 à 2030, on passera de 78 milliards à 124 milliards d’euros annuels. De surcroît, les dépenses de santé progressent en raison du vieillissement et de l’innovation médicale. Les retraites continuent d’augmenter. Elément nouveau, les dépenses militaires s’accroissent en suivant une trajectoire désormais résolue, décidée par la loi de programmation. Aucun de ces mouvements n’est illégitime ; tous traduisent des choix collectifs ou des évolutions démographiques profondes. Cependant, leur addition conduira le déficit à près de 7 % du PIB en 2030 et la dette autour de 130 % du PIB. Il vous reste 55.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.