La grande transmission : le défi du siècle pour les notaires

La France s'apprête à faire une "grande transmission". Derrière cette expression, on désigne le transfert d'un patrimoine estimé à 9.000 milliards d’euros, qu’il s’agisse de comptes bancaires, de biens immobiliers, de parts de sociétés ou d’actifs financiers. À l’origine de cette bascule se trouve un phénomène démographique bien connu : le baby-boom de l’après-guerre, qui devient aujourd’hui un "papy boom".

D’ici 2040, cette évolution doit atteindre sa dernière phase. En clair, l’héritage de toute une génération va progressivement changer de mains, au décès des détenteurs du patrimoine ou parfois avant, via des donations. Dans les quinze prochaines années, le nombre d’octogénaires doit pratiquement doubler, ce qui donne la mesure du choc à venir pour les notaires.

Des notaires plus nombreux, mais face à des dossiers bien plus complexesSur le papier, la profession semble mieux armée qu’auparavant. Les notaires sont aujourd’hui 17.000, soit presque deux fois plus qu’il y a dix ans. Cette hausse s’explique par la loi "croissance et activité" de 2015, qui a permis l’ouverture de nouvelles études notariales. Un renfort bienvenu, même s’il n’avait pas été pensé à l’origine pour absorber une telle vague de transmissions.