Avec The Odyssey, inspiré du poème épique attribué à Homère, Christopher Nolan a réalisé et écrit le long, long métrage (près de trois heures, mais ça file aussi vite que les vents d’Éole) dont il rêvait depuis longtemps. Et qui a commencé à faire parler de lui avant même que le premier tour de caméra ait eu lieu.« On » lui a reproché d’avoir engagé une actrice noire (Lupita Nyong’o) dans les rôles d’Hélène de Troie et de Clytemnestre ; et un acteur trans (Elliot Page) dans celui, a-t-« on » cru, d’Achille, mais c’est en réalité dans celui de Sinon (« on » n’est pas à une erreur près). La communauté grecque s’est insurgée de l’absence d’acteurs originaire de Grèce (avec raison). Les costumes et les navires affichent des éléments anachroniques (moins que le Troy de Wolfgang Petersen, ce qui n’est pas une excuse, mais s’appelle une licence artistique). Enfin, tout ce beau monde s’exprime dans un anglais contemporain (F-word y compris). C’est vrai qu’en grec ancien avec sous-titres, ça aurait été plus acceptable (ironie).Tout cela dit, écrit et amplifié avant d’avoir vu le long métrage. Un détail.Alors, pour parler cinéma, il est comment, ce film ? Titanesque. Pas dénué de défauts : le rythme cahote ici et là, l’image est parfois trop sombre, le scénario est souvent explicatif et travaille (trop fort, en manquant de fluidité) pour aller d’une trame narrative à l’autre. Mais, contrairement à Ulysse et ses compagnons, il sait où il s’en va.C’est-à-dire ? En court et en gros, The Odyssey suit, après 10 ans de guerre pour faire tomber Troie, le retour du roi d’Ithaque et de ses hommes vers leur foyer. Il leur faudra une autre décennie pour cela, car, après avoir insulté les dieux, ils vont littéralement passer de Charybde en Scylla (hommage émouvant, ici et ailleurs, au génie des effets spéciaux du milieu des années 1900, Harry Harryhausen).
«The Odyssey», un travail de titan
Heureux qui comme Christopher Nolan fait (avec nous) un beau voyage.











