Seul prétendant au poste, l’ancien maire de Manchester et ex-ministre Andy Burnham va devenir le chef du Parti travailliste britannique et, du même coup, premier ministre du Royaume-Uni. Son programme : décentraliser le pouvoir, investir dans l’État-providence et ramener son parti vers une gauche plus assumée.Une formation travailliste qui bat de l’aile dans les sondages. Un pays aux prises avec une faible croissance économique depuis sa sortie de l’Union européenne il y a six ans. Un premier ministre hautement impopulaire qui démissionne.Tous les ingrédients étaient présents pour qu’Andy Burnham devienne le septième premier ministre du Royaume-Uni en dix ans — une fonction qu’il occupera probablement à compter de lundi et, théoriquement, jusqu’aux prochaines élections générales, en août 2029.
Si son prédécesseur, Keir Starmer, a fait tout son possible pour rester au centre de l’échiquier politique, le successeur préconise plutôt une approche distincte : celle d’un « socialisme favorable aux affaires ». Sa doctrine, qu’il surnomme « manchestérisme », tient de ses neuf années passées comme maire de l’agglomération de Manchester, où il s’est attaché à défendre une « régionalisation du Royaume-Uni » ainsi qu’une reprise en main publique de plusieurs services — comme le réseau d’autobus —, estimant qu’ils ne devraient pas être soumis aux logiques du marché.Fervent partisan de la décentralisationTous partis confondus, Andy Burnham est le politicien le plus populaire au pays, avec une cote d’approbation de 35 %, selon la firme de sondage YouGov.C’est sa forte contestation de la « gestion londonienne jugée centralisée » de la pandémie de COVID-19 qui l’a fait connaître du grand public, rappelle Jérémy Elmerich, chercheur postdoctoral en science politique à l’Université de Sherbrooke.En plus d’avoir permis aux Britanniques hors Manchester de connaître sa « personnalité de tribun », ses prises de position lui ont aussi valu le surnom de « Roi du Nord », en référence au personnage de fiction Jon Snow de la populaire série Game of Thrones, qui, lui aussi, conteste l’hégémonie d’un pouvoir central. « Il s’est alors créé une identité de gauche qui contestait à la fois la centralisation britannique, mais aussi la centralisation au sein du Parti travailliste », explique M. Elmerich.










