Adrián Silva Guerra voit le lampadaire se rallumer après quelques clignotements. Il est 2 h 08, un jeudi matin. Réparateur d’appareils électroniques, il se lève aussitôt du perron de béton et rentre dans la maison, laissant la porte d’entrée entrouverte afin que l’air de la nuit rafraîchisse son fils de 7 ans, endormi sur un matelas de mousse.Il entre dans son atelier, s’assoit près d’une pile de téléviseurs hors d’usage dont il récupère les pièces et se met à souder. Un filet de fumée s’élève de la carte de circuits imprimés verte et cuivrée qu’il tente de réparer. Il travaille autant qu’il le peut jusqu’à ce que, deux heures plus tard, l’obscurité l’engloutisse de nouveau.« Je suis esclave du courant », affirme M. Silva Guerra, 32 ans, épuisé et en manque de sommeil.Peu avant la panne, sa mère, Zucel Guerra Brise, 52 ans, quitte leur maison de Santiago de Cuba, deuxième ville du pays, située sur la côte sud-est. Grâce au peu d’électricité disponible, les fours d’une boulangerie privée du quartier produisent du pain cette nuit-là.Elle fait la queue pour acheter 100 petits pains, qu’elle compte revendre en parcourant les rues afin que sa famille puisse se payer le repas du midi. Elle les achète l’équivalent de 7 cents américains l’unité et les revend 9 cents chacun.
À Santiago de Cuba, faire vivre sa famille avec 60 $ par mois
La famille Silva Guerra tente de survivre à la crise économique que le blocus américain n’a fait qu’aggraver.












