C’est entre une séance d’écriture dans un café d’Hochelaga et un spectacle au Baratineur, à Longueuil, que Mibenson Sylvain prend le temps de s’adresser au Devoir. « Je suis habitué », lâche-t-il à propos des journées bien remplies. Le jeune humoriste a un horaire de plus en plus chargé : il jongle avec le rodage de son premier spectacle, la première partie de Jo Cormier et sa participation au festival Juste pour rire.Le lauréat des prix de la révélation de l’année Juste pour rire 2021 et de l’humoriste de l’année au Gala Dynastie 2023 n’aurait jamais cru faire ce métier. « J’étais quelqu’un de trop timide, j’étais vraiment réservé », confie celui qui est originaire de Terrebonne. Une information surprenante lorsque l’on voit l’aisance et l’énergie qui se dégagent de lui sur scène.Ses sujets de prédilection consistent en « n’importe quoi qui [le] fait rire ». Son top 2 ? « Je vais pas te mentir, les Québécois me font bien rire. » Sa mère arrive juste derrière. « Des fois, elle me dit : “Bon, tu racontes trop ma vie.” Mais, à part ça, elle est très contente. »
Il souligne la fierté et le soutien qui émanent des membres de sa famille. Sa tante le forçait à écouter les enregistrements de ses spectacles avec elle, alors que sa sœur se rendait à Laval au début de sa carrière pour accueillir les gens à la porte de ses premières prestations. « Et c’était pas sold out, c’est fou », souligne-t-il, reconnaissant.Du travail qui finit par payerMibenson dit être au début de sa relation avec le public, lui qui a commencé l’humour il y a quelques années après avoir eu la piqûre sur une scène ouverte au club ComedyWorks de Montréal. « On apprend à se connaître », précise-t-il. Certains plus que d’autres, puisque « deux ou trois fois », des personnes sont revenues voir son rodage. « Je ne comprends même pas pourquoi, d’ailleurs, lance l’humoriste, amusé. Ce sont les mêmes blagues ! »Un nouveau succès qui est dû, selon lui, à plus que juste du potentiel. Pour l’humoriste dans la fin vingtaine, tout part de la rigueur et de la résilience. « Tu ne fais pas d’argent et tout est un peu n’importe quoi, mais, pour toi, c’est super crucial, parce que t’apprends à écrire des blagues. » Et cela finit par valoir la peine. « Tout s’est placé. Comme dirait mon ami Anas [Hassouna] : “Mashallah !” »Peu importent les sujets abordés, Mibenson entend toujours faire rire. C’est ce que l’on voit dans l’un de ces sketchs les plus vus sur les réseaux sociaux, qui concerne le profilage racial des automobilistes. « Je fais seulement expliquer comment je me sens dans cette situation, pour en rire et que quelqu’un fasse : “Kiet, c’est ça qu’ils vivent, eux !” » Il explique que s’il peut faire réfléchir sans moraliser, et interpeller le plus de gens possible, c’est tout simplement positif.Juste Miben dans son universSon premier spectacle, Juste Miben, le rapproche de son univers, de sa perception de la vie. C’est différent de composer sur Instagram, explique-t-il. Les rires du public lors du rodage lui donnent une poussée d’encouragement. Le spectacle est maintenant « presque » prêt : il ne reste plus que quelques détails à peaufiner avant sa présentation officielle au monde.Parmi les expériences formatrices de cette nouvelle aventure d’écriture : assurer la première partie du deuxième spectacle solo de Jo Cormier, Machine. « Avoir vu Jo construire son spectacle m’a aidé à construire le mien », affirme l’humoriste. L’art de ficeler des blagues les unes avec les autres était plus facile à apprivoiser dans ce contexte.









