Mardi soir, sur la scène du théâtre St-Denis, au moment d’adresser ses remerciements, Patrick Groulx a expliqué qu’il avait consulté ses enfants, maintenant de jeunes adultes, pour être certain de ne pas faire, dans son nouveau spectacle solo, son cinquième en tout près d’un quart de siècle, des « jokes de vieux ». On ne connaît pas le point de vue de Raphaëlle et Alexis sur la question, mais on peut vous assurer que Trop longtemps seul contient une bonne dose de blagues qui trahissent l’âge de l’humoriste né à Ottawa en 1974, mais aussi celui de ses comparses d’écriture, Pierre Fiola, Simon Delisle et François Avard.Mais commençons par dire à quel point l’homme est sympathique. Cette salle, où les fidèles admirateurs semblaient bien plus nombreux que les amis et collègues, l’humoriste a su la mettre dans sa poche dans le temps de le dire. La complicité que Groulx entretient avec son public, l’écoute dont il fait preuve envers lui, tout cela impressionne.
On est aussi épaté par son aisance sur scène, une désinvolture qui s’incarne par exemple dans la manière dont il s’autorise quelques fous rires ou qu’il accueille un trou de mémoire en disant : « Non, non, je n’ai pas du tout un blanc en ce moment. Je m’accorde juste un moment pour moi. »Musique et personnagesDans son nouveau spectacle, celui grâce auquel il célèbre son arrivée dans la cinquantaine, Patrick Groulx a choisi d’utiliser plusieurs des cordes qu’il a à son arc. Ainsi, la soirée s’ouvre en musique : une rigolote entrée en matière où il constate, guitare au cou, que les temps changent et que les voitures électriques sont… de plus en plus nombreuses. Un peu plus tard, deux individus hauts en couleur feront leur apparition : d’abord l’hilarant curé Poirier, un homme de foi dont les propos ne sont pas très catholiques, puis le brigadier, un énergumène à la langue bien pendue que Groulx ramène sur scène pour la première fois en 22 ans.Ces moments-là mettent non seulement en relief le talent de Groulx lorsqu’il s’agit de camper des personnages truculents en un claquement de doigts, mais ils sont des bouffées d’oxygène, des touches d’absurde qui manquent cruellement au reste du spectacle. Au menu des portions de stand-up traditionnel, on trouve les sujets usuels de l’homme en crise du milieu de vie : célibat, rencontres sexuelles et amoureuses, vie de couple, parents qui vieillissent et enfants qui quittent la maison. Dans la manière comique mais prévisible dont il approche ces thèmes éculés, l’humoriste rate plusieurs occasions de renverser la situation, d’observer les choses d’un autre point de vue que le sien.











