Douze États américains ont lancé des poursuites contre le projet de rachat du studio hollywoodien Warner Bros. Discovery par le conglomérat américain Paramount Skydance, pour environ 111 milliards de dollars, estimant que ce mariage allait nuire à la concurrence.Le procureur général de Californie Rob Bonta, chef de file du groupe, a avancé que la fusion de deux des cinq plus grands distributeurs de films des États-Unis aurait pour conséquence « des prix supérieurs, une qualité moindre, et moins de contenus » à disposition du grand public.« Dans ce pays, personne n’est au-dessus des lois », a-t-il relevé, cité dans un communiqué, expliquant que les douze États « lutt(aient) pour des marchés libres et équitables, pas des marchés truqués. Les États-Unis n’ont ni roi au gouvernement ni dans l’économie ».Les plaignants estiment que la transaction enfreint la loi fédérale Clayton, qui interdit les fusions ayant la capacité de réduire la concurrence de manière importante.

Les États à l’origine de ces poursuites, tous appartenant au camp démocrate, sont : la Californie, l’Arizona, le Colorado, le Connecticut, le Massachusetts, le Minnesota, le Nevada, le New Jersey, le Nouveau-Mexique, New York, l’Oregon et Washington.Paramount a rapidement répliqué, martelant que le recours en justice était « fondamentalement vicié ».« L’effet concret de ce procès est de protéger les grandes plateformes comme Netflix et les entreprises technologiques d’une concurrence tellement nécessaire », a réagi un porte-parole du groupe.Le conglomérat, dont le patron David Ellison est le fils du milliardaire et allié de Donald Trump, Larry Ellison, l’avait emporté après le retrait de l’offre rivale de Netflix, en février.L’entreprise considère que la future entité donnera naissance à un rival solide pour faire face à Netflix, Amazon et Apple, et s’est engagée à sortir au moins trente films annuellement qui resteront en salles au minimum 45 jours.Concurrence dans le visionnement en continuLes plateformes Paramount+, HBO Max et Discovery + comptent moins d’abonnés que les trois leaders du secteur : Netflix, Prime Video et Disney+.Mais une large partie d’Hollywood s’oppose pourtant à ce rachat, craignant des suppressions d’emplois massives dans une industrie qui a déjà connu plusieurs vagues de fusions et de licenciements.Paramount a souligné que 24 autorités de régulation à travers le monde avaient donné leur assentiment à l’opération, y compris aux États-Unis.Ces poursuites, lancées devant un tribunal du nord de la Californie, interviennent en effet alors que le département de la Justice a validé l’opération mi-juin.Au terme d’une enquête de huit mois, sa division antitrust a conclu que l’opération n’était « pas susceptible de nuire à la concurrence ni aux consommateurs américains », que ce soit dans le visionnement en continu, la télévision ou la production et la distribution de films en salles.Elle a donc renoncé à la contester, sans exiger de cessions d’actifs ni d’engagements.Le département a même considéré que la fusion devrait avoir pour effet « d’accroître la compétition dans l’ensemble de l’écosystème des médias et du divertissement, avec des bénéfices pour les consommateurs et les travailleurs américains ».