Canicule : nos centrales nucléaires sont en surchauffe
La chaleur ne menace pas la sûreté des centrales nucléaires, mais elle complique leur fonctionnement. En période de canicule, EDF peut être contrainte de réduire la puissance de certains réacteurs, voire d’en arrêter, non pas parce que les installations risquent l’accident, mais parce que l’eau rejetée dans les fleuves et les rivières devient trop chaude.
C’est tout le paradoxe de ces épisodes extrêmes : au moment même où la demande d’électricité augmente, notamment pour faire tourner climatiseurs et ventilateurs, une partie du parc nucléaire peut produire moins. Trois réacteurs ont déjà été arrêtés, au Bugey dans l’Ain, à Chooz dans les Ardennes et à Golfech dans le Tarn-et-Garonne. Sept autres tournent au ralenti.
Pourquoi la canicule perturbe les centrales nucléairesUn réacteur nucléaire produit énormément de chaleur. Pour éviter la surchauffe, il faut le refroidir avec de l’eau, puis rejeter cette eau dans le milieu naturel. C’est pour cette raison que les centrales sont construites à proximité de grands cours d’eau, comme la Seine, le Rhône ou la Garonne.
Dans les centrales dites en circuit ouvert, l’eau utilisée pour refroidir le réacteur retourne ensuite au fleuve ou à la rivière d’origine, avec une température plus élevée, de quelques dixièmes de degré à plusieurs degrés selon les sites. En temps normal, ce réchauffement est encadré. Mais en période de canicule, les cours d’eau sont déjà très chauds avant même le rejet.











