Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers L’écrivaine, importatrice du naturalisme zolien dans la littérature espagnole et célèbre en son temps (1851-1921), parle un peu d’elle-même dans ce roman d’une jeune veuve passionnée. Article réservé aux abonnés « Insolation » (Insolacion), d’Emilia Pardo Bazan, traduit de l’espagnol et postfacé par Sadi Lakhdari, préface de Mathilde Carton, Le Cherche Midi, 212 p., 19 €, numérique 13 €. Asis se réveille avec un terrible mal de cheveux. Les tempes douloureuses, la langue pâteuse, le crâne pris en étau, et l’impression que son lit est un hamac dont le moindre mouvement lui donne la nausée. Pas de doute : la jeune femme se remet, mal, d’une « cuite carabinée ». Voilà ce qui arrive quand on est sorti la veille avec un garçon et qu’on a bu plus que de raison sous le soleil de plomb de Madrid. Sauf qu’Asis Taboada de Andrade est une marquise et veuve très respectable, et que nous sommes en 1880. C’est par cette scène, d’une audace folle pour l’époque, que s’ouvre Insolation, roman d’Emilia Pardo Bazan (1851-1921) publié en 1889 et aujourd’hui seulement traduit. L’autrice, conservatrice, monarchiste et tout aussi marquise, y met en scène cette trentenaire, mère d’un enfant, dont la vie ne s’est pas arrêtée à la mort de son mari – son oncle, de trente ans son aîné. Après avoir rencontré Pacheco, un Andalou séducteur et fils d’un riche négociant de Cadix, lors d’une tertulia (un salon littéraire) chez une amie de la haute société madrilène, elle a décidé de le suivre dans une fête populaire, le pèlerinage de San Isidro. Et c’est là, dans un quartier périphérique bondé et une atmosphère diablement plébéienne, que cette catholique fervente va laisser libre cours à ses désirs et faire craquer les carcans. Ce pas de côté va-t-il constituer un événement unique ou va-t-il ouvrir durablement les vannes de sa sensualité ? Il vous reste 63.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Insolation », d’Emilia Pardo Bazan, roman du tiraillement entre désir et bienséance, fit scandale dans l’Espagne du XIXᵉ siècle
L’écrivaine, importatrice du naturalisme zolien dans la littérature espagnole et célèbre en son temps (1851-1921), parle un peu d’elle-même dans ce roman d’une jeune veuve passionnée.






