La France est entrée dans la fournaise : plus d’un tiers du pays sera en vigilance rouge dimanche en raison d’une canicule qui fait craindre la propagation d’incendies.L’ensemble de la région parisienne, mais aussi le grand Ouest, soit 24 départements (sur 96 en France métropolitaine), sont placés samedi au niveau d’alerte maximal par Météo-France.Treize autres départements les rejoindront dimanche, de la Bourgogne au Midi. Au total, 26 millions d’habitants seront concernés par la vigilance rouge, selon un calcul de l’AFP à partir des données annuelles de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).Le dispositif d’avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.Seule une poignée de départements du sud de la France reste épargnée par le troisième épisode caniculaire que subit le pays en deux mois.

Les fortes chaleurs devraient persister jusqu’au milieu de la semaine prochaine.Samedi à 17 h 00, le mercure a atteint 40,2 °C à Saint-Laurent-du-Pape (Ardèche, sud-est), 38,8 °C à Saint-Girons (Ariège, sud-ouest) et 38,6 °C à Saintes (Charente-Maritime, sud-ouest), selon les relevés communiqués par Météo-France. Le thermomètre a tutoyé 37 °C à Paris.Pour ce week-end de grands départs en vacances d’été, le service des TGV sera « normal » pendant le pont du 14-Juillet — mardi étant férié pour cause de fête nationale en France -, mais un train régional sur trois sera supprimé aux heures chaudes de la journée, des solutions de remplacement en autocar étant prévues.Sur les routes, les autorités appellent à « redoubler de prudence » en raison de la chaleur dans les embouteillages, un pic de 940 kilomètres cumulés ayant été comptabilisé à la mi-journée, avant de retomber à 340 km en milieu d’après-midi.« Activité humaine » et « inattention »Dans ce contexte, les incendies se multiplient. « Neuf départs de feu sur dix sont dus à une activité humaine. Une seconde d’inattention peut menacer des familles, mettre en danger ceux qui nous protègent et détruire nos paysages », a mis en garde le président français Emmanuel Macron dans un message sur X. Depuis le début de l’été, 32 personnes ont été placées en garde à vue.Plus de 25 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, soit près du double de ce qui était mesuré en 2025 à la même date, d’après la Sécurité civile.Si leur bilan humain n’est en rien comparable à celui qui a fait au moins douze morts dans le sud de l’Espagne, des feux épars ont été signalés dans de nombreuses zones, dans le sud mais aussi dans des régions moins rodées à ces incendies estivaux, dans l’Ouest notamment.En Savoie, dans les Alpes françaises (sud-est), deux villages se retrouvent isolés. Si le feu de forêt, qui a parcouru 60 hectares, est désormais « stabilisé » selon la préfecture, plusieurs jours de travaux sont nécessaires pour sécuriser la route y menant.Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues. Les épisodes de ce type sont appelés à se multiplier, avec de lourdes conséquences humaines et économiques, et une nécessaire adaptation des infrastructures.L’exécutif a essuyé de nombreuses critiques mettant en cause une « impréparation » face aux chaleurs extrêmes. Une surmortalité a d’ores et déjà été enregistrée, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans.Pas de bals des pompiersAutre conséquence des chaleurs extrêmes, une augmentation du nombre de noyades, de l’ordre de 20 % par rapport à l’année dernière selon le gouvernement : 131 personnes se sont noyées depuis le 19 juin, notamment des mineurs et des plus de 60 ans, selon les autorités.Les rendez-vous festifs et le tourisme eux aussi pâtissent de l’épisode caniculaire.À Paris, les institutions touristiques majeures que sont la tour Eiffel, le Louvre — dont certaines salles ne sont pas climatisées — et le musée d’Orsay, ont avancé leur fermeture à 16 h 00.Le préfet de police a fait annuler les très populaires bals des pompiers des 13 et 14 juillet, de même que des événements sportifs prévus en plein air ou dans des lieux non climatisés. Et partout en France, des villes ont renoncé aux feux d’artifice de la fête nationale.