Le transfert inédit et sous haute surveillance de la tapisserie de Bayeux vers Londres, où elle doit être prêtée pendant un an au British Museum, a débuté jeudi en fin de journée, a appris l'AFP de source proche du dossier. Fragilisée par les années, cette broderie du XIe siècle de près de 70 mètres de long a quitté son antre de Bayeux, dans l'ouest de la France, dans un double caisson spécialement conçu pour réduire les vibrations pendant son transport en camion vers le Royaume-Uni.
À l'issue du périple, cette œuvre unique, qui narre la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, sera réceptionnée par le British Museum, qui l'exposera du 10 septembre au 11 juillet. Ce prêt historique avait été annoncé en juillet 2025 par le président français Emmanuel Macron pour "revivifier la relation culturelle" avec le Royaume-Uni, dix ans après le Brexit.
Ce transfert, entièrement financé par le Royaume-Uni pour un montant non dévoilé, a donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France, qui redoutent la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.
Signe de la valeur de cette pièce unique, le Royaume-Uni s'est engagé à verser 800 millions de livres (environ 917,9 millions d'euros) en cas de dégradation majeure.















