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TémoignagesLa Maison A de l’association Aïda vient d’ouvrir ses portes à Paris pour accompagner les jeunes en rémission après un cancer, la maladie percutant violemment leur construction personnelle et leurs projets d’avenir.

A 22 ans, on s’imagine que le temps est une ligne infinie. A cet âge où l’on bâtit des châteaux d’avenir, ceux de Jean-Baptiste Pouillot vacillent, fin 2018. L’esprit de Noël flotte encore dans l’air quand tombe le diagnostic médical : leucémie. Pour l’étudiant alors en prépa au concours de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, ce n’est pas seulement l’épreuve du corps. « Les cheveux, les traitements, la chimiothérapie, c’est extrêmement difficile, mais le plus dur, c’est la perte à jamais de l’insouciance. Ce voile de la mort, qui n’existe pas quand on a 20 ans, s’est levé devant moi », lâche le jeune trentenaire originaire de Belfort (Territoire de Belfort).

Chaque année en France, environ 2 300 adolescents et jeunes adultes entre 15 et 25 ans se font diagnostiquer un cancer. La majorité d’entre eux affrontent un parcours semé d’obstacles à un âge auquel la maladie percute violemment la construction de l’identité : troubles psychologiques, difficultés à reprendre ses études ou son emploi, vie sociale et affective bouleversée… Le suivi post-thérapeutique reste, selon Léa Moukanas, un « trou béant » dans le système de santé, que son association, Aïda, tente de combler depuis 2015.