Les catastrophes climatiques deviennent de plus en plus fréquentes et intenses dans toute l’Afrique subsaharienne. Les inondations, les sécheresses, les vagues de chaleur et les tempêtes ne sont plus de simples phénomènes environnementaux isolés. Elles influent sur les moyens de subsistance, les inégalités, la confiance du public ainsi que les relations entre les citoyens et l’État.
Les gouvernements comptent sur les impôts pour financer les écoles, les soins de santé, les infrastructures et les politiques d’adaptation au changement climatique. Cependant, la fiscalité ne repose pas uniquement sur l’application de la loi : elle dépend aussi de la confiance que les citoyens accordent à la capacité de l’État à agir efficacement, équitablement et avec réactivité en temps de crise.
Nos recherches portent sur la fiscalité, les inégalités, les finances publiques et les effets des chocs climatiques en Afrique subsaharienne. Dans une étude récente, nous avons examiné une conséquence encore peu étudiée des catastrophes climatiques en Afrique : leur impact sur la morale fiscale, c’est-à-dire la volonté des citoyens de s’acquitter volontairement de leurs impôts.
Le civisme fiscal est important, car de nombreux pays africains peinent à mobiliser suffisamment de recettes fiscales nationales. Or, les citoyens sont plus enclins à payer leurs impôts lorsqu’ils ont confiance à leurs autorités perçues comme justes, efficaces et réactives.






