Germanier, collection haute couture automne-hiver 2026-2027, au Palais de Tokyo, à Paris, le 7 juillet 2026. GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP
Parce qu’elle représente l’élite en matière de confection du vêtement, la haute couture semble a priori irréconciliable avec l’idée de récup. Et pourtant, quelques rares designers en ont fait leur spécialité. A la fashion week automne-hiver 2026-2027, qui s’est tenue du 6 au 9 juillet à Paris, Germanier et Ronald van der Kemp ont montré que les rebuts pouvaient être de très haute tenue.
Depuis qu’il a lancé sa marque en 2019, Kevin Germanier ne propose que des vêtements conçus à partir de matériaux recyclés. Cette démarche a fini par attirer l’attention de LVMH, qui lui propose depuis 2024 d’utiliser des tissus ou des vêtements invendus venant de sept de ses marques. « Ça me donne accès à des pièces d’une qualité incroyable », s’enthousiasme le Suisse, qui prend pour exemple un voile d’organza servant à draper une robe ou un manteau qu’il a entièrement rebrodé de perles.
Le designer n’a pas pour autant renoncé au système D, qu’il maîtrise mieux que personne. Il a chiné chez Guerrisol des cache-oreilles qu’il a transformés en soutien-gorge, récupéré des frites en mousse dans des piscines pour donner de l’ampleur à des jupons, découpé des mines de crayons de couleur afin d’en faire des picots décoratifs sur un bustier… « Ce que j’aime, c’est d’aller à l’encontre des clichés de la haute couture, et d’obtenir un résultat aussi incroyable que si on jouait selon les mêmes règles que tout le monde », résume Kevin Germanier.














