Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Planète Planète Planète Incendies Incendies Incendies A Bouleternère, au plus près de l’incendie qui a démarré le 4 juillet, les arboriculteurs sont condamnés à renoncer à leur récolte, en raison des dégâts provoqués par le feu et, surtout, de l’arrêt forcé de l’activité économique de la région, en plein cœur de la saison. Article réservé aux abonnés Désormais le royaume des morts s’étend des deux côtés de la départementale 618 à l’entrée du village de Bouleternère. A droite, les flammes ont traversé le petit cimetière de cette commune des Pyrénées-Orientales, grillant les herbes folles sur les tombes oubliées, et léchant au passage quelques crucifix ; à gauche, elles ont assailli les cultures de fruits, noircis le sol en carbonisant les graminées et les premiers rangs d’arbustes. Plus loin dans les parcelles, c’est comme si le feuillage des pêchers ou des poiriers avait fait une teinture, glissant l’espace d’un week-end du vert profond à un blond doré un peu roussi. « On n’est pas loin d’un paysage de guerre », commente Alain Margalet, 61 ans, le regard lointain, à l’évocation de ses champs, au lendemain du passage du mégafeu de Trévillach, qui était toujours en cours mardi soir. Au centre de ce village de 1 000 habitants, dans la grange où il a abrité ses tracteurs, samedi, avant l’arrivée des flammes, le producteur fruitier rencontré mardi midi, accuse le coup. D’emblée, il dit son inquiétude pour l’avenir de l’exploitation de son fils, à qui il vient de céder ses 50 hectares de production bio. « Replanter un hectare de pêchers c’est 30 000 euros, refaire un hectare d’irrigation c’est 3 000 euros. On est vraiment en grande détresse, conclut l’homme qui misait pourtant sur 2026… Trois ans de suite, on a failli mettre la clé sous la porte. Pour une fois, toutes les planètes semblaient alignées. On avait échappé au gel, à la grêle et le cours des pêches était bon. C’était la première fois depuis que mon fils avait décidé de revenir à la terre, il y a quatre ans, que l’année s’annonçait bien. » Il vous reste 74.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.