Le film de Damiano Michieletto, Vivaldi et moi, prend l’affiche au Québec et au Canada le 10 juillet. Il sera présenté en version originale avec sous-titres français à Montréal, à Québec, à Trois-Rivières, à Sherbrooke et à Gatineau, et avec sous-titres anglais à Montréal, à Ottawa, à Sudbury, à Victoria et à Vancouver.Davantage qu’un laborieux biopic musical de plus, Vivaldi et moi jette un regard sur la vie à l’Ospedale della Pietà sur fond de rapports de pouvoir entre de telles organisations caritatives et la noblesse vénitienne au début du XVIIIe siècle. Le premier long métrage de Damiano Michieletto s’intitule à l’origine Primavera (« printemps ») et se fonde sur le roman Stabat Mater, de Tiziano Scarpa, publié en 2008. Cela fait beaucoup de titres pour un projet. Mais cette triple perspective permet de bien le cerner.Obsessions« Après avoir lu le roman, j’ai proposé cette idée au producteur en disant immédiatement que ce n’était pas un biopic sur Vivaldi. C’est l’histoire d’une rencontre entre un professeur et une élève, entre Vivaldi et Cecilia. On voit l’histoire de Vivaldi à travers un point de vue très précis, un petit point de vue. »Cecilia, orpheline violoniste de 16 ans, est le personnage central du récit. Elle vit à l’Ospedale della Pietà, hospice et couvent célèbre pour son orchestre et son chœur de jeunes filles abandonnées à la naissance. Rongée, obsédée par cet abandon, elle s’exprime au moyen de lettres qu’elle écrit à cette mère absente. Cris et plaintes épistolaires expliquent le titre Stabat Mater, au sens finement détourné. Primavera illustre l’efflorescence de Cecilia, au contact de Vivaldi, qui canalisera sa rage intérieure dans l’expression musicale. Vivaldi et moi est la traduction littérale de ce que l’on voit à l’écran : la relation entre deux écorchés.