Les neuf principales organisations syndicales québécoises ont déposé une plainte à l’Organisation internationale du travail (OIT) pour contester la loi 4 du ministre du Travail, Jean Boulet, qui vise à améliorer la gouvernance et la transparence syndicale.« L’essence même de la plainte, c’est contester l’ingérence du gouvernement québécois dans les affaires syndicales », affirme d’emblée Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), en entrevue avec Le Devoir. « Depuis le début, on a toujours été très clair, on était d’accord avec la transparence, donc les aspects qui touchent la diffusion de nos états financiers, mais on était contre l’ingérence. »Les neuf organisations syndicales, qui rassemblent plus de 1,5 million de travailleurs du Québec, demandent de déclarer la loi 4 contraire à la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de l’OIT, ratifiée par le Canada. M. Gingras se dit « absolument » optimiste quant à l’issue de cette démarche. « Nous, notre analyse, c’est que nous allons avoir gain de cause. »Adoptée le 2 avril dernier à 70 voix en faveur et 34 contre, cette loi instaure notamment le principe de cotisations facultatives, en plus des cotisations principales. Elle impose également aux organisations syndicales une reddition de comptes plus élaborée, par des états financiers vérifiés, variant selon les revenus du syndicat.L’OIT est la seule agence tripartie des Nations unies, rassemblant des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs des 187 États membres. Son rôle est de promouvoir la justice sociale et de définir les normes internationales du travail.Les différents partis politiques interpellésÀ quelques mois des élections générales au Québec, les organisations syndicales interpellent les différents partis et les invitent à retirer « les lois antisyndicales ».« Je pense qu’il est l’heure de se serrer les coudes, de trouver des solutions, d’être dans le dialogue social et non pas de trouver un bouc émissaire et de casser du sucre sur le dos des syndicats comme ça a été fait malheureusement depuis un an avec l’ancien premier ministre [François Legault] », soutient M. Gingras.Cette plainte vient s’ajouter à celle déposée en mai dernier par la CSQ devant la Cour supérieure du Québec visant à faire déclarer inconstitutionnelles des dispositions de la loi 4.
Les syndicats du Québec vont contester la loi 4 devant une instance internationale
Les principales organisations syndicales du Québec ont déposé une plainte à l’Organisation internationale du travail.






