Quentin JorisResponsable du service Économie/politique07 juillet 2026Aujourd'hui à 15:03Marine Le Pen sera bien candidate à la présidentielle. L’extrême droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir, une situation qu’il convient de ne surtout pas banaliser.La justice a tranché : Marine Le Pen a été condamnée mardi en appel à une peine d'un an de prison ferme sous bracelet électronique pour détournement de fonds européens. Elle sera toutefois bien candidate à la présidentielle de 2027, a-t-elle annoncé, tout en précisant qu’elle se considérait "innocente" et qu’elle se pourvoirait en cassation.La cheffe de file du Rassemblement national reste donc bien l’atout maître de l’extrême droite pour accéder à l'Élysée, tandis que Jordan Bardella se voit promettre le poste de Premier ministre si elle venait à remporter l’élection. C’est un fait : l’extrême droite française est plus proche que jamais du pouvoir, une situation qu’il convient de ne surtout pas banaliser.Car, passées maîtresses dans l'art de transformer la méfiance en rejet et de polariser les débats sociétaux, les formations extrémistes constituent toujours une menace pour nos démocraties. Et, si le vernis les rend parfois plus présentables, leurs idées maîtresses restent dangereuses. Inégalitarisme, nationalisme et sécuritarisme, ces trois éléments figurent, par exemple, toujours en bonne place dans le bréviaire du RN.Soyons clairs : minimiser le pouvoir de nuisance de ce parti constituerait une erreur, tout comme blâmer ses électeurs. Au lieu de placer ces derniers dans des cases, de les essentialiser, il convient d’œuvrer à comprendre leurs motivations. Pourquoi sont-ils séduits par les sirènes extrémistes? L’inquiétude face au déclassement et une perte de confiance dans la classe politique traditionnelle pèsent évidemment dans la balance. Au lieu de refuser de l’entendre, les opposants au RN gagneraient à aborder ces questions frontalement. Les travers de la globalisation économique, les potentiels effets pervers de nos systèmes méritocratiques ou encore les inégalités dans nos sociétés occidentales, mériteront, eux aussi, un débat serein et argumenté.La classe politique française n’a plus le choix : elle se doit de confronter l’extrême droite et de répondre aux préoccupations de ses citoyens, en osant s’attaquer aux sujets qui fâchent. Ne pas le faire, se complaire dans le déni ou une forme de couardise, équivaudrait à offrir un boulevard aux extrêmes.Quant à ceux qui seraient tentés de relativiser le danger, aux tenants d’un changement radical, rappelons que les risques sont réels. Là où elle accède au pouvoir, l’extrême droite ne fait pas de figuration.L’essayer n’est pas une option, mais un piège. Une fois installée, elle sapera les contre-pouvoirs, s’attaquera aux libertés publiques et remettra en cause le projet européen, autant d'éléments de nature à déstabiliser l'économie. La meilleure façon de contenir l'extrême droite n'est pas de nier les inquiétudes qu'elle exploite, mais bien d'y répondre sans renoncer aux principes de l'État de droit.
Édito | En France, le défi extrémiste demeure
Marine Le Pen sera bien candidate à la présidentielle. L’extrême droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir, une situation qu’il convient de ne surtout pas banaliser.











