Monde EuropeRoyaume-Uni. En pleine ascension dans les sondages, le chef de Reform UK transforme une affaire de financement en test électoral à Clacton. Par Marion ProstPublié le 07/07/2026 à 18:44Nigel Farage, chef du parti Reform UK, effectue une visite de campagne à Denton en amont de l'élection partielle de Gorton et Denton.REUTERS / Phil NobleNigel Farage a choisi une manière très personnelle de répondre à une enquête parlementaire : retourner devant les électeurs. Mardi 7 juillet, le chef de Reform UK a annoncé qu’il démissionnait de son mandat de député de Clacton, dans l’Essex, afin de provoquer une élection législative partielle. Il se présentera à sa propre succession. Dans une déclaration vidéo, il a expliqué vouloir laisser "les habitants de Clacton" juger ses actions. Ces actions, qui, depuis quelque temps, sont sous le feu des projecteurs : Nigel Farage est sous pression après la révélation d’un don de 5 millions de livres sterling, soit environ 5,7 millions d’euros, venu de Christopher Harborne, milliardaire spécialisé dans les cryptomonnaies. Ce don n’aurait pas été déclaré aux autorités compétentes. Le comité d’éthique du Parlement britannique a ouvert une enquête en mai sur ce point. Nigel Farage, lui, affirme n’avoir "rien fait de mal". À ce stade, il n’a pas été sanctionné. Mais l’affaire impose déjà à Reform UK un exercice peu agréable pour un parti qui a bâti une grande partie de son discours sur la dénonciation des arrangements opaques. Le dossier ne s’arrête pas làNigel Farage a aussi indiqué que ses finances faisaient l’objet d’une deuxième enquête, après des allégations concernant George Cottrell, un proche du dirigeant de Reform UK, entrepreneur dans les cryptomonnaies et condamné par le passé pour fraude. Selon les éléments rapportés par la presse britannique, Farage aurait bénéficié, dans l’année précédant les législatives de 2024, de services de sécurité, d’un hébergement et d’une prise en charge de sa communication sur les réseaux sociaux. Le débat ne porte donc pas seulement sur un don. Il concerne plus largement ce qui doit être déclaré lorsqu’un responsable politique mène campagne.Cette séquence tombe à un moment sensible pour Reform UK. Depuis plus d’un an, le parti populiste est en tête de nombreux sondages nationaux et a remporté plusieurs succès aux élections locales. Il menace désormais l’équilibre traditionnel entre travaillistes et conservateurs, qui structure la vie politique britannique depuis des décennies. Nigel Farage n’est donc plus seulement l’ancien agitateur du Brexit. Il dirige un parti qui entend incarner une alternative de gouvernement. Ce changement de statut rend donc les questions de transparence plus difficiles à traiter comme de simples attaques venues de Londres. Clacton avant WestminsterD’où le calcul de la législative partielle. En provoquant lui-même le scrutin, Nigel Farage tente de reprendre l’initiative avant que la procédure parlementaire ne fixe son propre calendrier. En cas de violation grave des règles de déclaration, une suspension de dix jours ou plus pourrait entraîner une pétition de révocation, puis une élection partielle. Le chef de parti préfère donc le premier à Clacton, avant que Westminster ne lui indique éventuellement le chemin. Reste à savoir ce que les électeurs décideront de juger : sa ligne politique, sa notoriété, son rôle dans Reform UK, ou les questions encore ouvertes sur ses financements. S’il est réélu, Nigel Farage conservera son siège et pourra repartir avec un mandat renouvelé. Mais la procédure parlementaire, elle, suivra son cours. La partielle dira si Clacton le veut toujours comme député ; l’enquête dira ce qu’il devait déclarer. En attendant, Nigel Farage convoque les électeurs, et Westminster garde les formulaires.
Après le scandale financier, Nigel Farage retourne devant les électeurs
En pleine ascension dans les sondages, le chef de Reform UK transforme une affaire de financement en test électoral à Clacton.












