Chaque année, le prix Jean-Vigo met à l’honneur l’indépendance. Cette année, le vertige de “L’Inconnue” et la douce ironie de “Voilà c’est fini” ont été célébrés. Ainsi que la liberté de création d’Alain Gomis, pour l’ensemble de son œuvre. Arthur Harari et Gustave Kervern, prix Jean Vigo 2026. Photos Jean-Francois Robert/Modds pour Télérama Par Samuel Douhaire Publié le 07 juillet 2026 à 12h05 Deux beaux lauréats pour un hommage au cinéma indépendant. Arthur Harari et Gustave Kervern ont reçu, lundi 6 juillet à la Cinémathèque français, le prix Jean-Vigo 2026 ex æquo, le premier pour L’Inconnue (en salles le 26 août), le second pour Voilà, c’est fini (sortie prévue le 24 mars 2027). Remis depuis 1951, ce trophée perpétue, selon ses organisateurs, « l’esprit innovant de Jean Vigo (1905-1934), pionnier du cinéma moderne » avec ses films Zéro de conduite et L’Atalante, en faisant « émerger des cinéastes porteurs d’un nouveau souffle, reconnaissables à leur fougue et leur aplomb ». L’Inconnue est l’adaptation très libre de la bande dessinée Le Cas David Zimmerman, coécrite par le réalisateur de Onoda avec son frère, Lucas Harari, dans laquelle un photographe (Niels Schneider) se réveille dans le corps d’une jeune femme avec qui il a fait l’amour (Léa Seydoux). Cette immersion dans un univers à la Kafka, sélectionnée en compétition au Festival de Cannes en mai dernier, a divisé la rédaction de Télérama entre d’un côté les fans d’un « prototype déroutant mais qui captive » et, de l’autre, les détracteurs d’un récit trop « abstrait » et « crypté ». Le jury du prix Jean-Vigo a, lui, été sensible à sa « grande précision des gestes et de la direction d’acteur qui transforme le vertige en pensée ». Nous n’avons pas encore pu voir Voilà, c’est fini, une histoire d’amour entre un employé d’hôtel (Loïc Mandere) et une jeune touriste française souffrant d’anorexie (Suzanne Lindon), que Gustave Kervern a tournée sans son complice Benoît Delépine dans son île Maurice natale. « Nous avons aimé sa proximité ironique et émue », expliquent les jurés du prix Jean-Vigo, qui ont tenu à saluer « une œuvre profondément humaine, tendue entre dérision et compassion ». Le prix Jean-Vigo du court métrage a, lui, récompensé À la recherche de l’oiseau gris aux couleurs vertes, de Saïd Hamich Benlarbi (présenté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes en mai dernier). Cette quête intime d’homme en recherche de la rédemption « pose sur le déplacement un regard sensible et poétique, qui refuse la facilité du lyrisme », selon le jury. Enfin, le Vigo d’honneur a été attribué au cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis pour l’ensemble de son œuvre, de L’Afrance (2001) jusqu’au très beau Dao sorti au printemps, dont « la liberté formelle […] appréhende avec justesse et fantaisie les trajectoires sensibles d’hommes et de femmes qui vivent à la lisière, entre ici et là-bas ». À lire aussi : Alice Diop et Jacques Nolot, cinéastes libres comme l’air, récompensés par le prix Jean-Vigo Cinéma Benoît Delépine et Gustave Kerven Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Arthur Harari et Gustave Kervern, deux cinéastes singuliers récompensés par le prix Jean-Vigo 2026
Chaque année, le prix Jean-Vigo met à l’honneur l’indépendance. Cette année, le vertige de “L’Inconnue” et la douce ironie de “Voilà c’est fini” ont été célébrés. Ainsi que la liberté de création d’Alain Gomis, pour l’ensemble de son œuvre.






