Publié le 07/07/2026 07:10

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Lorsque des inondations surviennent dans l’hexagone, elles peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur les habitations ou les entreprises. Mais notre pays est-il plus ou moins à risque que ses voisins ? Yves Tramblay, hydroclimatologue, vous explique.

Il arrive hélas qu’elles fassent la une de l’actualité pendant des semaines entières. Dans certaines régions de France, les inondations peuvent en effet laisser les habitants pieds dans l’eau durant de longues périodes, comme à l’automne 2023 dans le Pas-de-Calais, où l’Aa et la Canche, deux cours d’eau du département, ont débordé en raison d’importants cumuls de pluie générés par des tempêtes.Un épisode interminable pour les riverains de ces communes qui pâtissent d’un relief peu élevé, où l’eau peut stagner longtemps avant de se retirer. La préfecture de la région Hauts-de-France et le gouvernement ont même publié une page qui permet à chacun de connaître le risque existant en fonction de l’adresse exacte de son domicile.Mais le sud lui non plus n’est pas épargné : en raison du relief, les habitants du sud-est de la France connaissent plutôt des "crues éclair", qui se retirent au bout de quelques heures mais en laissant derrière elles un paysage dévasté. Dans les hauteurs des Alpes-Maritimes, la vallée de la Roya est parfois coupée du monde car les rares routes se font emporter par les précipitations.On a à peu près 18 millions d'habitations dans des zones susceptibles de subir des inondationsYves Tramblay - Hydroclimatologue, Institut pour la recherche et le développement« En France », détaille l’hydroclimatologue Yves Tramblay, « un rapport récent nous a appris qu'on a à peu près 18 millions d'habitations dans des zones susceptibles de subir des inondations. Ça correspond à peu près à 25 % de la population ». Et il semble que notre pays ne soit ni mieux ni moins bien loti que ses voisins : « je dirais que le risque est dans la moyenne européenne ».Certes, si l’on recense tous les événements naturels graves en Europe sur plus d’un siècle, entre 1900 et 2022, la France se distingue par un grand nombre d'inondations : 60 événements tandis que l’Italie n’en enregistrait que 53.Mais attention : il faut considérer que notre pays est, de loin, le plus grand de l’Union européenne ! Outre-mer compris, sa superficie est par exemple presque double de celle de l’Allemagne, qui a subi sur cette même période environ moitié moins d’inondations : la logique est donc respectée, et on peut dire que la France se trouve à peu près dans la moyenne de ces catastrophes au kilomètre carré. Alors que d’autres pays plus petits, comme la Grèce ou la Roumanie, sont nettement plus malchanceux à cet égard par rapport à leur taille.Ce qui est sûr, c’est que les inondations sont le risque n°1 en France, et surtout… qu’elles augmentent ! Sur le temps long, sept événements ont fait plus de 100 victimes, si l'on observe les deux cents dernières années : pas moins de 500 morts par exemple en juin 1875 lors d'une crue de la Garonne ! Mais on remarque que la courbe des événements graves, et particulièrement des inondations, s’est nettement infléchie à la hausse à partir du début du XXIe siècle. Sans doute est-ce une conséquence du réchauffement climatique : en effet, un air plus chaud peut contenir davantage d’humidité, et donc générer davantage de précipitations.Par ailleurs, poursuit Yves Tramblay, « « Il faut bien comprendre deux choses : c'est que ce risque est composé de l'aléa naturel, la survenue de pluies intenses […] et d'autre part de la vulnérabilité » des régions touchées : c’est-à-dire que pour une quantité de pluie donnée, il y aura plus ou moins de dégâts selon que la zone inondée est peuplée ou pas. « S'il pleut à un endroit où il n'y a pas d'humains, par exemple dans une forêt ou dans un champ, eh bien il y aura mécaniquement moins de dommages que s'il pleut dans une zone très urbanisée ».Donc, « il est extrêmement important de mettre en place des mesures pour se préparer, notamment via l'aménagement du territoire : essayer de moins construire ou de ne plus construire du tout en zone inondable, et aussi développer des systèmes de prévision de ces risques ». C’est dans cet esprit que le code couleur des vigilances a été créé par Météo-France en 2001.Enfin, terminons par un mot sur les territoires d’outre-mer : certains d’entre eux enregistrent des épisodes pluvieux sans commune mesure avec la métropole. Songez qu’à la Réunion, lors du passage du cyclone Hyacinthe en janvier 1980, il a plu en quinze jours pas moins de… 6083 mm, autrement dit une colonne d'eau de six mètres de haut ! Soit ce qui tombe en une dizaine d’années sur Paris. Alors qu’en région parisienne justement, comme les sols bétonnés n’absorbent pas l’eau, il suffit d’une cinquantaine de millimètres en quelques heures pour provoquer une inondation…Pour poser vous aussi votre question, c'est ici