Face aux critiques répétées de Donald Trump, l’unité de l’OTAN est plus que jamais mise à rude épreuve. Alors que le sommet annuel de l’Alliance s’ouvre ce mardi à Ankara, en Turquie, les États membres — dont le Canada — devront démontrer leur sérieux en matière de défense afin de répondre aux pressions de Washington.Les attentes sont particulièrement élevées. Après avoir peiné pendant des années à atteindre la cible des 2 %, la quasi-totalité des pays alliés ont adopté, l’année dernière, un engagement encore plus ambitieux : consacrer 5 % de leur PIB à la défense d’ici 2035. Cette année, ils doivent désormais présenter des plans « crédibles » pour franchir ce nouveau seuil, a d’ailleurs prévenu le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.Le choix du calendrier n’avait donc rien d’un hasard pour le premier ministre canadien, Mark Carney. Quelques heures à peine avant de s’envoler vers la capitale turque, il devait annoncer le résultat de l’appel d’offres portant sur l’acquisition de 12 nouveaux sous-marins, le plus important contrat militaire de l’histoire du pays.« On a encore besoin de gagner en crédibilité concernant nos dépenses militaires. C’est évident que cette annonce servait à ça », indique Anessa Kimball, membre du corps professoral de science politique à l’Université Laval et à la tête du Centre sur la sécurité internationale.Bien que le gouvernement canadien affirme avoir atteint le seuil des 2 % du PIB ce printemps, sa crédibilité budgétaire demeure fragile. Si l’OTAN valide de justesse ces calculs, le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) conteste ces chiffres et évalue plutôt la contribution canadienne à environ 1,6 % pour l’année 2025.Les dépenses de défense resteront un point de friction majeur du sommet d’Ankara. À quelques jours de l’événement, Donald Trump a d’ailleurs donné le ton sur son réseau Truth Social, qualifiant de « ridicule » la relation « unilatérale » des États-Unis avec l’Alliance et fustigeant les membres qui traînent les pieds financièrement.L’annonce sur les sous-marins tombe donc à point nommé : sans elle, le chef du gouvernement canadien aurait abordé le sommet dans une position nettement plus vulnérable, rappelle Anessa Kimball.Banque de la défense et avions de chasseParmi les autres dossiers qui seront à l’ordre du jour au sommet de l’OTAN figure celui de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (Banque DSR).Une dizaine de pays devraient annoncer demain mardi leur intention de participer à la création de cette nouvelle institution multinationale, dont la mission sera de faciliter le financement des PME du secteur de la défense au sein des États membres et alliés de l’OTAN.