Publié le 05/07/2026 18:45

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Avec le réchauffement climatique, les énormes masses de glace qui occupent le pôle Nord et le pôle Sud fondent à grande vitesse. Cela aura-t-il des conséquences sur nos systèmes de guidage, et en premier lieu les boussoles ?

Comme vous le savez certainement, la fonte accélérée des glaces est déjà une réalité partout sur la planète. En France métropolitaine, elle concerne les glaciers des montagnes, des glaciers qui existent sous toutes les latitudes du globe et qui, partout, sont en recul. Ce qui pose, à terme, un réel problème pour l’alimentation de l’humanité en eau douce, car ces glaciers avaient l’avantage de fondre tout doucement en été, soutenant ainsi le débit des fleuves, et de se recharger via les chutes de neige chaque hiver : un équilibre désormais rompu.Mais les masses de glace les plus importantes dans le monde sont stockées aux pôles, sur des millions de kilomètres carrés : dans le nord du Canada et de la Russie et, côté sud, dans l’énorme calotte qui recouvre le continent antarctique et qui, à elle seule, représente plus de vingt fois la superficie de la France. Contrairement à la banquise, qui flotte sur la mer, ces glaces reposent sur le sol. Et donc, lorsqu’elles fondent, elles se déversent dans la mer, dont elles font monter le niveau.Or, étant donné les milliards de mètres cubes qui sont en jeu, cet afflux d’eau douce dans les océans n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement de la Terre. Comme l’explique la glaciologue Heidi Sevestre, membre de l’expédition Under Antarctica : « ça peut influencer la répartition des masses » de la planète, puisque du fait de la force centrifuge et de la rotation du globe, l’eau supplémentaire issue de la fonte va finir par se concentrer un peu plus autour de l’équateur qu’ailleurs, et former une sorte un boudin ceinturant la planète.Donc, poursuit la scientifique, il y aura « un impact sur la vitesse de rotation de la Terre, et aussi l'axe de rotation de la Terre », puisque la forme d’un objet influence son mouvement de rotation : vitesse et axe de rotation vont être légèrement modifiés.Certes, le globe n’a de toute façon jamais été aussi régulier qu’une horloge atomique : il subit depuis toujours de petites variations de sa vitesse. Mais désormais, les astronomes devront tenir compte de cette fonte accélérée des calottes, parmi d’autres facteurs comme l’attraction de la lune ou les mouvements du noyau liquide du centre de la planète. Une précision extrême, qui leur sert à fixer à la milliseconde près l’heure officielle sur laquelle toute l’humanité et les ordinateurs se basent.Le fait que les glaces fondent n'impacte pas directement nos boussoles Heidi Sevestre, glaciologueMais les boussoles, dans tout ça ? Comme le rappelle Heidi Sevestre, « les boussoles sont extrêmement importantes pour notre expédition Under Antarctica : on a besoin de savoir où on est, tout le temps, et ce n’est pas facile sur ce grand continent blanc sans panneaux ni routes ». Or, pour que leur aiguille indique le nord, « les boussoles sont alignées sur le champ magnétique terrestre, qui lui dépend de ce qui se passe à plusieurs milliers de kilomètres sous nos pieds, dans le noyau de la planète », où d’immenses quantités de métal en fusion agissent comme un aimant.Cependant, il se trouve que ce mouvement du noyau de la terre est à peu près indépendant. On pourrait, il est vrai, imaginer que la fonte des glaces, en modifiant légèrement la vitesse de rotation du globe, pourrait à terme avoir une répercussion sur le mouvement du métal en fusion, mais de manière minime.Pour le dire autrement : nos boussoles ne sont pas menacées par le réchauffement climatique. Pas plus que les systèmes GPS, qui eux fonctionnent grâce à des satellites… qui ne risquent pas de se dérégler puisque les astronomes corrigent sans cesse l’heure exacte sur laquelle ils travaillent.Pour poser vous aussi votre question, c'est ici