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ReportageLa Suisse n’a pas été épargnée par la récente vague de chaleur qui a traversé l’Europe. Résultat : la fonte des glaciers alpins s’accélère. En Suisse, celui du Rhône est entré en perte nette : l’accumulation des neiges hivernales a déjà disparu, laissant exposer les glaces centenaires.
La première sensation est celle du grondement permanent, un bruit sourd, massif, une agitation liquide. Perché dans les Alpes suisses, le glacier du Rhône transpire de partout dès ce début d’été. En surface, il ruisselle. A l’intérieur, des canaux souterrains s’agrandissent et fusionnent. Et à la sortie, tout en bas de la langue de glace, ce n’est plus un ruisseau qui s’écoule mais une hémorragie furieuse pulsant une eau laiteuse et opaque, chargée de sédiments rocheux. Le lac qui accueille ces flots n’existait pas il y a quinze ans. Il mesure désormais 700 mètres sur 300.
C’est là, à l’extrémité nord-est du canton du Valais, en Suisse, que le Rhône prend sa source et commence son voyage vers la Méditerranée. Mais le lieu de cette genèse est aussi celui d’une épiphanie climatique : le glacier fond comme jamais. Du 17 au 28 juin, la Suisse a connu des températures record.












