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PortraitLe chercheur, retraité depuis 2022, a consacré sa vie à l’étude de son île et de ses environs. Il en a cartographié les reliefs et les roches et y a découvert, sous 9 mètres d’eau, un mur géant de 120 mètres.
Il marche vite et nous le suivons, à grands pas, à travers l’île de Sein (Finistère). Yves Fouquet, 70 ans, est un géologue pressé. Spécialiste des fonds océaniques, il a grandi ici. Sa passion géologique est née dans ces rochers. « C’est toujours rigolo de casser un caillou et de sentir le soufre ! », confie-t-il. Cela ne l’a pas empêché d’aller voir sous l’eau, mais c’est un autre genre de sensations. « Sous 3 000 mètres d’eau, on ne peut pas sortir du sous-marin pour choisir un caillou et le casser en cinq minutes. C’est frustrant ! Pour prélever une roche avec le bras du Nautile, cela prend parfois une demi-heure. »
Yves Fouquet s’arrête sur des rocs à marée basse dans un endroit précis, entre les goémons et les flaques d’eau salée. « Ce creux d’une vingtaine de mètres de large est une faille qui se prolonge en mer. De l’eau chaude à 250 °C circulait dans cette faille, quand le granite s’est mis en place, il y a 290 millions d’années. Nous sommes dans les racines d’une chaîne de montagnes qui montait à plus de 6 000 mètres. » Des montagnes ici ? La mer d’Iroise se brise autour de nous sur les récifs, la pointe du Raz et le continent se dessinent à l’est.











