CultureScènesMusiqueLivresArtsCinémaArts. Ensemble historique et écrin de jardins singuliers, l’abbaye finistérienne offre un décor tout trouvé à la figure de la sorcière.Publié le 05/07/2026 à 10:00L'exposition "Ma sorcière mal nommée" est visible à l'abbaye de Daoulas jusqu'au 29 novembre 2026.© Elodie Henaff / CDP 29 / Abbaye de DaoulasEntre pierres médiévales, carré de plantes mortelles et rires d’écoliers en fond sonore, l’abbaye de Daoulas cultive l’art du contraste. Ce joyau patrimonial, niché dans un bourg au fond de la rade de Brest, est aussi un lieu de vie, de transmission et de découverte, où près de neuf siècles d’histoire dialoguent avec le présent. Fondé au XIIe siècle par les chanoines réguliers de Saint-Augustin, le site conserve quelques éléments remarquables : son église associe les lignes épurées de l’art roman à des remaniements gothiques réalisés au fil du temps et son cloître, l’un des mieux conservés en Bretagne, offre un précieux témoignage de l’organisation des communautés conventuelles du Moyen Age. A quelques pas, la fontaine et l’oratoire du XVIe siècle rappellent le rayonnement dont bénéficia l’établissement à la Renaissance.Sous la conduite de Pierre Nedelec, adjoint de direction de l'Abbaye, on apprend que, vendu comme bien national au cours de la Révolution, celui-ci a changé plusieurs fois d’usage avant d’être transformé en demeure bourgeoise au XIXe siècle, puis acquis, dans les années 1950, par une congrégation franciscaine, dont les sœurs dispensaient leurs savoirs auprès des têtes blondes du village. Lorsque le département du Finistère rachète le domaine en 1984, une clause originale accompagne la transaction : l’école maternelle et primaire installée dans l’enceinte doit être conservée. Ici, près de neuf siècles d'histoire dialoguent avec le présent. / © L. D. / DRAujourd’hui encore, les voix des gamins résonnent à proximité des vestiges médiévaux, faisant de Daoulas un ensemble habité au sens propre, qui doit également sa renommée à ses jardins "aux mille vertus", dédiés aux essences médicinales et aromatiques, héritiers des pratiques monacales d’antan. Y figure notamment un carré de "plantes poisons", où poussent aconit, belladone, datura, cigüe et colchique. Ces espèces toxiques, mais longtemps utilisées dans l’art de guérir, nourrissent aussi un imaginaire renvoyant aux "dames des simples", à la magie et aux procès en sorcellerie. "La sorcellerie à Salem Village", in William A. Crafts, "Pioneers in the Settlement of America: From Florida 1510 to California in 1849". / © Samuel Walker and CompanyLe lien est tout trouvé avec l’exposition estivale de l’abbaye, dont la programmation s'articule autour des sociétés, des croyances et des représentations du monde. Riche en pièces rares prêtées par 45 institutions, dont le Louvre et le Quai Branly, Ma Sorcière mal nommée explore ainsi, sous le commissariat d’Edith Joseph et de Pierre Tchekhoff, les multiples visages de la jeteuse de sorts, tour à tour guérisseuse, savante, marginale et figure d’émancipation.A la recherche d’une destination pour votre prochaine escapade culturelle en Europe ? L’Express vous propose sa sélection des villes françaises et européennes à (re)découvrir. Expositions, lieux insolites, conseils pratiques… Les journalistes de la rédaction vous aident à préparer votre visite. Toutes les informations sont à retrouver sur la carte interactive ci-dessus.
Un week-end dans le Finistère : les sortilèges de Daoulas
Ensemble historique et écrin de jardins singuliers, l’abbaye finistérienne offre un décor tout trouvé à la figure de la sorcière.















