Après la présentation de l’équipe du « Dieu » du vélo Tadej Pogacar jeudi soir devant la Sagrada Familia à Barcelone face à des milliers de pèlerins coiffés d’une casquette jaune, un « castell » se monte sur la scène. Ce château d’humains, de pure tradition catalane, atteint là six étages, soit une dizaine de mètres, domptés par une ultime petite grimpeuse qui n’a pas froid aux yeux. Mais il paraît bien minuscule face à la mythique basilique imaginée par l’architecte de génie Antoni Gaudi disparu il y a exactement un siècle.Cette église la plus haute du monde avec sa Tour de Jésus-Christ, flèche centrale de 172,5 m dominée par une croix blanche bénie il y a trois semaines par le pape Léon XIV, est le monument culte de ce Grand départ du Tour de France en Espagne. Elle sera longée ce samedi à partir de 17 heures par les coureurs lors du contre-la-montre par équipes, immortalisée aussi depuis le ciel par la caméra à bord de l’hélicoptère pour s’inviter sur les écrans de 190 pays. Ce n’est pas seulement un passage furtif. Car à l’arrivée sur la colline de Montjuïc ce samedi, et au même endroit lors de la deuxième étape le lendemain, ce joyau du parcours se détachera encore dans le panorama. « Pour les Barcelonais, c’est un repère où que l’on se trouve dans la ville », observe Lucas, 28 ans, informaticien français expatrié depuis 5 ans dans la cité méditerranéenne. Lui aussi, on le voit de loin avec son maillot de foot collector des Bleus cuvée 1998 floqué « Henry » au-dessus du numéro 12.La Grande Boucle offre un sacré coup de projecteur planétaire à l’édifice alors que son chantier, que l’on croyait éternel, vient (quasiment) de s’achever après 144 ans de travaux. « C’est le symbole de la créativité des Catalans », vante Meseguer, 72 ans, qui distribue gratuitement des drapeaux indépendantistes au public assistant à la présentation officielle des équipes. « C’est comme une icône », loue Pol, 25 ans, étudiant en physique.À voir aussiMercredi, le cardinal archevêque de Barcelone, Juan José Omella, a célébré une messe solennelle dédiée à la plus grande course cycliste au monde dans la crypte de la Sagrada Familia qui est aussi la dernière demeure de Gaudi. « Le Tour de France n’est pas qu’une course, c’est aussi un cheminement, à l’image de la foi. En tant que sport, le cyclisme est une leçon d’humilité qui doit être vécue dans la communion et la fraternité, comme une compétition entre compagnons et non pas ennemis », prêche le prélat à la calotte rouge. L’office s’est achevé par une prière confiant la santé du peloton à la Vierge de Lourdes mais aussi à Notre-Dame de Montserrat, patronne de la Catalogne.Premier miracle : le chef-d’œuvre s’invitera encore dans le peloton même quand celui-ci aura fait ses adieux à Barcelone. Il roulera jusque sur les Champs-Élysées, s’affichant sur le maillot spécial édition 2026 des cyclistes de la formation espagnole Movistar.