Le géant américain est encore vigoureux et dominant malgré ses 250 ans. Mais qu’en est-il du rêve dont il se dit le défenseur ? Tout dépend où vous regardez et à qui vous demandez.Comme tous les mythes fondateurs, les origines du fameux « rêve américain » sont floues. À en croire l’Encyclopædia Britannica, l’expression aurait été popularisée à partir de 1931, grâce au livre The Epic of America de l’homme d’affaires et historien James Truslow Adams. Elle trouve toutefois ses racines dans les aspirations de liberté, d’égalité, de prospérité et de droit au bonheur pour tous portées par les premiers colons européens venus fonder un nouveau pays ainsi que par les pères de la Déclaration d’indépendance américaine, dont c’est le 250e anniversaire cette année.Toujours le plus puissantSi ce rêve était fondé sur la puissance économique nationale, on peut dire qu’il se porte plutôt bien, constatait il y a quelques mois la firme de consultants McKinsey. Avec seulement 4 % de la population de la planète, les États-Unis constituent toujours sa plus grande économie (26 % du PIB mondial), abritent 59 des 100 plus grandes compagnies de la planète, comptent pour 27 % de toutes les dépenses en recherche et développement et dominent largement plusieurs secteurs de pointe, notamment celui de l’intelligence artificielle.Cette formidable puissance économique ne date pas d’hier et tient à la fois à des avantages naturels et à la mise en place de cadres favorables au développement, observent les experts de McKinsey.De la révolution américaine jusqu’à la guerre de Sécession, l’abondance de terres arables et de voies fluviales alliée à un début d’industrialisation (et au travail des esclaves) en fera une superpuissance agricole. Puis, la taille du marché intérieur, un vaste réseau ferroviaire et une remarquable capacité d’innover jetteront les bases de la force industrielle américaine. Après la Seconde Guerre mondiale, le pays profitera de l’ouverture des marchés d’exportation internationaux ainsi que de sa domination scientifique et technologique découlant de son grand nombre d’universités et de centres de recherche appuyés par l’État en pleine guerre froide.Un lent déclinMais il n’y a pas que la puissance économique qui compte. Des chercheurs de l’Université de Denver ont développé une mesure de la puissance mondiale des nations basée sur plus d’une vingtaine de variables, comme leur niveau de développement et d’influence en matière économique, militaire, sociale, technologique et diplomatique.Cet indice fait voir les hauts et les bas des grandes puissances. Cela a notamment été le cas pour les États-Unis au milieu du XIXe siècle et lors de la Grande Dépression des années 1930. On y voit que la puissance américaine a atteint son apogée au sortir de la Seconde Guerre mondiale, après quoi elle a entamé un lent déclin.