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RencontreL’artiste de 93 ans conserve intactes sa vitalité et sa curiosité. Installée au légendaire Hôtel Chelsea, à New York, dont elle est l’une des dernières artistes résidentes à l’année, Martine Barrat a d’abord été serveuse, danseuse et actrice. Son travail fait l’objet d’une rétrospective aux Rencontres de la photographie d’Arles.

« Allez, fous-moi ça dehors ! Take it out ! Je veux pas le voir ! » Le déambulateur, elle le proscrit : un cadeau empoisonné de l’hôpital, où elle vient de passer trois mois. « Ça me force à me tenir toute penchée, pas pour moi ! » La photographe Martine Barrat n’a jamais courbé l’échine devant qui que ce soit. A 93 ans, elle garde sa ligne de danseuse, sa verve de titi en franglais. Hier encore, elle peinait à se déplacer. De l’hôpital, elle a quasiment fugué, pour retrouver son chez-elle, et son imparable vivacité.

En ce début juin où la canicule s’abat sur New York, la voilà qui virevolte, de la chambre à la cuisine de son petit appartement, au 10e étage de l’Hôtel Chelsea. Elle en est l’une des dernières résidentes à l’année. Cela fait plus de cinquante ans qu’elle s’est installée dans ce lieu de légende, qui a abrité la bohème new-yorkaise des années 1970 et 1980.