Dans un manifeste rendu public vendredi, Québec solidaire propose de réaliser la souveraineté du Québec en « co-construction » avec les 11 nations autochtones et ne ferme pas la porte à des modifications au territoire.Le texte propose de bâtir un pays « entièrement décolonisé », le « premier au monde à être « coconstruit » avec les Premiers Peuples et non à leurs dépens », peut-on lire dans le manifeste « Nouveau Québec Libre » rendu public vendredi.Le manifeste débute par la phrase « Nous, les peuples habitant le Québec ». Dès lors, l’indépendance ne serait donc pas celle du « peuple québécois » uniquement, mais celle « des peuples ».Les nations autochtones qui vivent sur le territoire du Québec auraient toutefois la possibilité de rester dans le Canada si elles le souhaitent, peut-on lire. « Chaque nation devra avoir le choix de maintenir le statu quo ou d’être partie prenante du nouveau pays ».QS avance aussi qu’il faut « remplacer l’a priori de l’intégrité territoriale du Québec par une tout autre notion ».Cette notion consisterait en une « cohabitation sur un même territoire de peuples souverains pouvant disposer librement de leur avenir ».Une « opportunité exceptionnelle » pour les autochtonesLa sortie de ce document suit de peu la publication du Livre bleu du Parti Québécois pour la « république du Québec ».Mais contrairement au Livre bleu, le document de QS s’en tient aux grands principes puisque le parti préconise la tenue d’une assemblée constituante qui prendrait la plupart des décisions sur le projet advenant l’élection d’un gouvernement solidaire.Par ailleurs, le manifeste de QS fait suite à une série de gestes de rapprochements posés par le parti auprès des nations autochtones.À la fin mai, la députée Manon Massé a déposé un projet de loi pour établir un processus de collaboration d’égal à égal entre le gouvernement du Québec et les autochtones. Elle a aussi publié un carnet de 31 pages qui résume ses rencontres avec des membres des 11 nations qu’elle a présenté comme son « legs politique ».Le parti a également mis sur pied une « commission nationale autochtone » regroupant des membres autochtones du parti. Ses porte-paroles sont Jani Bellefleur-Kaltush (candidate du parti dans Duplessis issue de la communauté innue de Nutashkuan) et Bryan Gingras (candidat dans Marguerite-Bourgeois et membre de la Timiskaming First Nation).Dans la préface du manifeste, ces derniers disent « tendre la main » aux communautés autochtones « traditionnellement méfiantes envers la souveraineté ».Ils avancent que la souveraineté du Québec est une « opportunité exceptionnelle ». « Nous pourrons retrouver nos systèmes de gouvernance traditionnels, légiférer nous-mêmes sur la protection et la promotion de nos langues ancestrales et défendre notre territoire contre les projets que le Canada cherche à nous imposer. »Pour « bloquer » un oléoduc vers l’estLe manifeste met aussi l’accent sur l’importance de quitter le Canada pour des raisons environnementales, notamment en raison de l’exploitation par le Canada des sables bitumineux. Il suggère d’ailleurs que la souveraineté permettrait de « bloquer définitivement la voie de l’Est pour l’expansion des sables bitumineux ».