Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Donald Trump Donald Trump Donald Trump Tribune Timothy Snyder Historien Dans une tribune au « Monde », le professeur à l’université de Toronto analyse les conséquences du protocole d’accord signé entre les Etats-Unis et l’Iran sur l’image du président américain, qu’il décrit comme « l’architecte de la renaissance d’un régime iranien brutal ». Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 09h29 Temps de Lecture 4 min. Read in English Article réservé aux abonnés Les Etats-Unis ont capitulé face à l’Iran. Le « protocole d’accord » signé par les deux camps définit des conditions synonymes de victoire pour la République islamique, et d’humiliation pour le président Donald Trump et son pays. La guerre, comme certains avaient manifestement besoin de l’apprendre, ne consiste pas à assister à un spectacle d’explosions, mais à la politique continuée par d’autres moyens. L’Iran vient de démontrer que gagner, c’est infléchir la politique de l’ennemi afin de le contraindre à déposer les armes. Dès son commencement, la guerre a mis en évidence l’incompétence de Trump aux yeux du monde. Plutôt que de s’efforcer de comprendre comment les dirigeants iraniens raisonnent et agissent, Trump, son « ministre de la guerre », Pete Hegseth, et d’autres responsables américains les ont considérés comme des pantins qui se soumettraient dès que les premières bombes commenceraient à tomber. Dépourvue de stratégie, l’administration Trump n’a pas envisagé que l’Iran puisse avoir élaboré un plan : riposter par des frappes à longue portée, et fermer le détroit d’Ormuz. Les responsables américains n’avaient pas de solution de secours, si ce n’est de faire passer, de façon assez grotesque, la défaite pour une victoire. Voilà ce qui arrive lorsque les électeurs confient la conduite de la guerre à un animateur de télévision, et les négociations de paix à des opportunistes. De nombreux Américains semblent encore croire à la fable selon laquelle Trump serait un négociateur avisé. Il ne l’a jamais été. Trump s’est contenté d’incarner ce rôle à la télévision. Lui et les membres de son cabinet tiennent de grands discours devant les caméras, mais ignorent tout du fonctionnement du pouvoir mondial. Il est en revanche sensible à la flatterie, toujours pressé, incapable de se concentrer, et indifférent à toute question qui ne concerne pas son propre confort. Après avoir déclenché la guerre contre l’Iran sur un coup de tête, il a capitulé par opportunisme politique : la baisse des prix de l’essence renforcerait ses chances d’occuper éternellement la Maison Blanche. Il vous reste 67.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Timothy Snyder, historien : « La guerre menée par Trump contre l’Iran montre que le mal et la folie peuvent aller de pair »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », le professeur à l’université de Toronto analyse les conséquences du protocole d’accord signé entre les Etats-Unis et l’Iran sur l’image du président américain, qu’il décrit comme « l’architecte de la renaissance d’un régime iranien brutal ».






