Un costume pour jouer, ce n’est pas la même chose qu’un costume qu’on porte tous les jours. La longueur de nos manches dépend de ce qui est confortable pour nous et de ce qui nous va bien, mais il faut aussi penser au pratique. Les manches et les bas de pantalon de Mario sont ajustés pour que ses baguettes et sa pédale ne s’y accrochent pas — c’est déjà arrivé, donc voilà.MG: C’est pour ça que Ruben porte toujours des boots ou des chaussures chic, et moi des sneakers, pour pouvoir jouer confortablement.Block: C’est génial que chacun choisisse une tenue dans laquelle il est à l’aise, et que ça ait en plus de la gueule.Lire aussiAvez-vous déjà abîmé vos tenues de scène?RB: Lors d’un festival en France, j’étais tellement pris par la dynamique de la musique que j’ai voulu grimper sur le retour derrière Mario, mais en levant la jambe, mon pantalon s’est déchiré du genou jusqu’à l’entrejambe. Tout s’use, mais dans le rock’n’roll parfois un peu plus vite.Quel accessoire complète la tenue?RB: Notre instrument. Ma guitare, par exemple, c’est comme une énorme broche sur ma veste ou ma chemise.Tu vas jusqu’à assortir ta guitare?RB: De toute façon, j’utilise plusieurs guitares à chaque concert. Qu’elles aillent aussi avec mon costume, je trouve que c’est un plus. Et toute excuse est bonne pour acheter encore un costume ou une guitare, non?MG: Voilà une idée pour moi: un camion rempli de batteries parmi lesquelles je choisis à chaque show pour matcher mon costume.Ruben Block à Graspop Metal Meeting dans un costume sur mesure de Café Costume. "Ma guitare va avec mon costume, je trouve que c’est un plus."© Tim TronckoeVous avez joué à moins de 24 heures d’intervalle à Graspop et à Pinkpop. Vous jouez dans les mêmes costumes — trempés de sueur?RB: Aller au pressing entre chaque concert, ce n’est pas possible. Mais la vapeur fait beaucoup. Et on a plusieurs chemises.MG: Si je n’oublie pas de sortir mes vêtements de mon sac après le show et que je les aère bien dans ma chambre d’hôtel, ça va. Sinon, le lendemain, je râle, parce que c’est encore humide."On est trois individus avec des caractères différents. Ça se voit dans nos costumes."Mario GoossensQuel souvenir de festival vous restera toujours?RB: Je regarde surtout vers l’avant et je suis surtout occupé par ce qu’on fait maintenant. Mais je pense beaucoup à "Polle" (Paul "Lange Polle" Van Bruystegem, le bassiste du groupe décédé en 2025, NDLR) et à notre époque ensemble. À sa façon d’être dans la vie, à quel point il faisait son truc, aussi vestimentairement. Et pourtant: quand il a commencé à jouer avec nous, il voulait aussi porter un costume. Ça faisait partie du truc, selon lui. Et ça lui allait bien. Je me souviens d’une séance photo où Mario et moi avions bien coordonné nos tenues, et le "Lange" est arrivé avec un chapeau en peluche à imprimé léopard. "Ça va être trop bien!", avait-il dit. My God.MG: Selon l’occasion, "Polle" suivait vestimentairement — ou pas.RB: Exact. Ça ne l’intéressait pas, disait-il, jusqu’au jour où il y avait une remise de prix. Là, c’était lui qui faisait le plus de chichi, tout fier dans son costume, avec sept aftershaves.Il était qui il était, et c’était génial. On a toujours trouvé une solution vestimentaire. On fait pareil maintenant, avec Geoffrey (Burton, qui est désormais le bassiste, NDLR).MG: On est trois individus avec des caractères différents. Ça se voit dans nos costumes.Jouer le midi ou le soir?RB: Dans l’obscurité, on peut créer une ambiance avec la lumière. Mais jouer en plein soleil, ça peut aussi être chouette. On ne sait jamais à l’avance quand on va faire un concert vraiment cool.Tu te souviens, Mario, de cette tente au Sziget Festival en Hongrie? L’après-midi, on sortait de l’extérieur pour monter sur scène, et la chaleur nous frappait, comme un énorme sèche-cheveux. Il faisait une chaleur presque irresponsable: notre tour manager avait fait venir la Croix-Rouge à côté de la scène avec des bouteilles d’oxygène. Tout le monde transpirait à travers son T-shirt, on aurait dit un énorme four à micro-ondes.C’est ça, jouer en live. En groupe, on se serre dans la musique et on en fait quelque chose ensemble. Nous, on envoyait un truc dans la salle, le public suivait, et une énergie se créait, qui allait et venait. C’était incroyable.Stage-diving ou se faire happer dans une moshpit?RB: J’ai déjà eu le plaisir d’être porté au-dessus du public tout en jouant de la guitare. C’est très cool.MG: Avant, en tant que jeune fan de metal, j’étais au premier rang à chaque concert, dans la moshpit. Fantastique. Ça a l’air violent…RB: …mais la plupart du temps, ça ne l’était pas. Tout le monde faisait attention, et si tu tombais, on te relevait tout de suite.MG: Et les idiots violents étaient sortis."Outfit malfunction" ou "microphone/instrument malfunction"?MG: "Outfit malfunction", sans hésiter.RB: Un concert live, c’est un peu un combat avec la technologie — le câble de ma guitare, par exemple, qui se coince parfois quelque part. Ça ajoute parfois du drame: ça fait partie de l’histoire, où tout ne se déroule pas de façon parfaitement fluide.MG: Comme début juin, quand mon pied de pad électronique à côté de moi s’est renversé d’un coup et que deux types ont foncé pour le réparer. Ça ajoute du drame, en effet. Tu vois le public se demander: "Qu’est-ce qui se passe là?"RB: Si quelque chose ne marche pas, on essaie d’improviser. Parfois, une phrase se perd, mais ce n’est pas grave: on sent que c’est du live et ça rend le tout plus vrai. Cela dit, il m’arrive de jurer quand je n’arrive pas à me mettre dans le flow parce que des trucs déraillent. Mais la plupart du temps, c’est un petit pépin, et ça peut encore être marrant. Parfois, il en sort même quelque chose de cool. Mais ça ne veut pas dire que, lors des prochains festivals, tout doit foirer. (rire)Lire plusDans la valise de l'artiste et designer belge, Kimy GringoirePourquoi les bars belges ne font-ils pas partie des meilleurs au monde?Nos festivals préférés cet été à Knokke