Le 4 juillet 1776, les États-Unis prenaient forme sur des principes de liberté, d’égalité, d’état de droit et d’opposition à la tyrannie. 250 ans plus tard, comment se portent les idéaux de l’Amérique et comment les lire à travers les grands symboles qui ont façonné le récit national ? Deuxième étape de quatre : la statue de la Liberté.
Avec ou sans contexte, l’image reste fascinante. Elle montre la main de la statue de la Liberté, sortant du sol, au bord d’un lac, pour projeter son légendaire flambeau vers le ciel. À son pied, des hommes portant des hauts-de-forme donnent une vague idée du temps en posant fièrement devant l’installation. Un autre se tient dans l’immense garde-main de la torche géante, composante d’une œuvre visiblement toujours à l’état de projet.« C’est un moment peu connu de l’histoire de la statue de la Liberté », relate l’historienne Selena Austin tout en cherchant sur une carte ancienne du parc de l’Exposition universelle de 1876 l’emplacement exact de cette main. C’était il y a 150 ans à Philadelphie, 10 ans avant l’inauguration de la célèbre sculpture néoclassique sur l’île de Bedloe, au sud de Manhattan.« L’artiste français Auguste Bartholdi est venu présenter pour la première fois aux Américains une partie de son œuvre imaginée pour célébrer le centenaire de l’indépendance des États-Unis, mais toujours en cours de construction dans un atelier à Paris », poursuit Mme Austin au milieu des archives de la Société d’histoire de la Pennsylvanie, où Le Devoir l’a rencontrée il y a quelques jours. « Il voulait susciter l’intérêt des Américains pour son projet afin de stimuler le financement du piédestal par une campagne de souscription. » Il lui aura fallu une décennie de plus pour y arriver.











