Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Droits LGBT Droits LGBT Droits LGBT Palliant un déficit de recherche sur le sujet, l’universitaire Clotilde Coron propose dans son dernier ouvrage une étude rigoureuse du quotidien des salariées lesbiennes, explorant leur « stratégie de dévoilement », les risques de discrimination auxquels elles sont exposées, mais aussi leurs carrières et rémunérations. Article réservé aux abonnés Livre. « Je (…) parlais de mon couple (…) de façon détournée, en utilisant des pronoms, (…) sans utiliser le prénom, en faisant vraiment toutes les tournures de phrase pour ne pas avoir à genrer la personne avec qui je vivais », explique Caroline (les prénoms ont été changés). Simone, quant à elle, dit : « Je sais qui le sait, qui ne le sait pas, qui le sait parce que je l’ai dit, (…) à qui je ne dis rien du tout. C’est un vrai logiciel qu’on met à jour en permanence, et auquel on fait appel en permanence, c’est fatigant. » Solenne raconte enfin : « Les gens me posaient la question. (…) Je leur disais que j’étais en couple en donnant un prénom féminin. Ce n’était pas un sujet. (…) Le fait que les gens, ça leur plaise ou pas, m’importait très peu. » En parler ou pas ? La question du dévoilement de son orientation sexuelle dans le cadre professionnel est « centrale » pour les femmes lesbiennes, note Clotilde Coron, professeure en sciences de gestion et du management à l’université Paris-Saclay. C’est l’une des thématiques qu’elle aborde dans son ouvrage Lesbiennes au travail : sortir de l’invisibilité (Editions EMS, 264 pages, 22 euros), dans lequel elle explore un sujet jusqu’alors peu investi par le monde de la recherche. Prenant appui sur deux enquêtes, son étude permet d’éclairer sous un jour inédit le quotidien de ces femmes, leurs difficultés, et, dans une approche intersectionnelle, les spécificités de leurs trajectoires (carrière, rémunération…). Il vous reste 62.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.