Mettant en lumière le quotidien d’un centre d’aide en itinérance, la série Sur le fil, en tournage, suscite de nombreuses attentes du milieu communautaire. Le Devoir s’est entretenu avec certains organismes pour recueillir leurs espoirs et leurs inquiétudes.
« Il y a beaucoup de préjugés à défaire. On espère que Sur le fil va aller au-delà des enjeux de consommation et de santé mentale », mentionne Etienne Desgagnés, responsable des communications pour la Mission Old Brewery, l’une des principales ressources en itinérance au Québec et au Canada. Malgré quelques craintes, il se dit « excité » à l’idée de regarder la fiction qui sera diffusée cet automne à Radio-Canada.« Ce qu’on constate sur le terrain, c’est que les profils sont de plus en plus variés ; il n’y a pas deux personnes pareilles. Les besoins sont aussi différents », explique Etienne Desgagnés. D’où l’importance de ne pas généraliser, selon lui.Le bureau de M. Desgagné est situé dans le centre de crise de la Mission Old Brewery à Montréal. Par l’entremise de refuges d’urgence, de services de santé et de logements communautaires, cet organisme vient en aide aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. « Depuis la pandémie, on voit vraiment que l’itinérance se rajeunit, se féminise et se régionalise », précise M. Desgagnés.« Le milieu communautaire peut être méfiant parce qu’il y a une grosse représentation, particulièrement dans les médias, des personnes en situation d’itinérance comme étant une masse homogène de gens intoxiqués en conflit avec les autorités », explique Pascale Renaud-Hébert, l’autrice de Sur le fil. Elle souligne que les personnages mis en avant dans sa série sont loin des clichés et ont une diversité de bagages et surtout d’histoires.La scénariste a elle-même été sensibilisée tôt aux réalités des personnes en situation d’itinérance, car ses parents ont fondé il y a 37 ans un organisme communautaire à Saint-Eustache leur venant en aide. Son père s’est lancé en politique quelques mois plus tard, et c’est sa mère qui en tient les rênes depuis.« Ce qui est vraiment important pour moi, c’est d’humaniser des gens qui sont marginalisés, fait valoir Mme Renaud-Hébert. Je ne me dis pas : “Je dois faire quelque chose qui va avoir une portée sociale”, ça me vient naturellement, car ça fait partie de mes valeurs. »










