Entre nourriture qui manque et épidémies qui menacent, le Venezuela parait au plus pressé mercredi, une semaine après son pire séisme depuis plus d’un siècle, qui a fait près de 2300 morts et des dizaines de milliers de disparus.Chaque heure qui passe réduit les probabilités de retrouver des survivants, comme cet enfant de trois ans sauvé miraculeusement mardi par des secouristes jordaniens.Devant l’ampleur du drame, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a décrété mercredi un deuil national de sept jours « en hommage à la mémoire des victimes ».Dans un pays déjà soumis ces dernières années aux restrictions de l’information, le gouvernement a limité, après le drame, l’accès à l’État de La Guaira (nord), le plus durement touché, en imposant aux bénévoles un laissez-passer.« Il a été extrêmement difficile d’atteindre le territoire vénézuélien », explique à l’AFP Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe espagnol de recherche et de sauvetage USAR 13. « Nous arrivons tard, très tard […], mais notre objectif demeure de sauver des vies ».

La catastrophe du 24 juin n’a pas rendu toutes ses victimes. Les Nations unies estiment que 50 000 personnes sont portées disparues. Et le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a déclaré qu’environ 30 000 personnes se trouvaient dans la zone du port de La Guaira, la plus ravagée, au moment du double tremblement de terre.« Dire la vérité ! »L’ampleur des dégâts matériels a plongé une partie du pays dans le chaos. « Le plus grave, ce sont les morts », tempête Gladys Barrios, 76 ans. « Je vous demande de dire la vérité sur le nombre de morts. Peu importe dans quel état ils sont, mais qu’ils les sortent. »Pour les vivants, les autorités vénézuéliennes ont installé des centres de distribution d’aide, mais les rescapés se sentent davantage soutenus par les étrangers et les bénévoles.« Au début, tout se passait bien, mais ensuite la mauvaise organisation a commencé : d’abord les soldats eux-mêmes se servaient et puis tu te retrouvais avec ce qui restait », raconte Yohana Alvarez, une vendeuse déplacée.« Ce sont des gens venus de l’extérieur qui nous aident », s’indigne Tibisay Méndez sur le réseau social TikTok, alors que « les policiers et fonctionnaires envoyés sur place se contentent de prendre des photos ».Quatre policiers vénézuéliens ont été arrêtés pour des pillages dans la zone du double séisme, a annoncé le ministère de la Justice sur les réseaux sociaux après la publication devenue virale d’agents pris la main dans le sac par des habitants furieux.