Ça commence fort… avant le début du film comme tel. Le logo Universal contemporain se déploie sur l’écran avant de se rembobiner, passant par toutes les déclinaisons de l’image que par laquelle est passé le studio pour s’arrêter à celle des années 1920. S’imposent alors, comme un bogue, le mot Illumination et les petites gélules que l’on sait (jaunes). Le propos est donné : les Minions vont nous raconter l’âge d’or du cinéma. À leur façon. En insistant sur le fait qu’ils y ont ô combien contribué.L’idée derrière Les Minions et les montres (Minions & Monsters) du Français Pierre Coffin (qui, pour la première fois, tient seul les rênes des créatures qu’il a imaginées) est craquante. Mais une idée ne fait pas une œuvre. Ce septième opus de la série Détestable moi (Despicable me), troisième de la branche mettant en vedette les suppositoires jaunes, est visuellement magnifique (une constante de cette franchise) mais son scénario, oui, rythmé, oui, burlesque, oui, irrévérencieux, oui, rocambolesque, n’est que prétexte à… tout cela. Son fil conducteur, lui, est complètement décousu.

Il manque ici une histoire moins effilochée. Il y en a une, bien sûr, mais elle est esquissée, étouffée sous l’esbroufe, les gags, les anecdotes qui iront chercher les enfants et les clins d’œil qui ne sont pas à leur portée mais plairont à leurs adultes.En gros, alors qu’ils sont en quête d’un nouveau méchant à qui offrir leurs services, les Minions débarquent à Hollywood. Par accident et grâce à trois d’entre eux, James, Henry et Ed (qui ont une âme d’artiste plus que de vilains), ils deviennent des stars. Jusqu’à la débandade totale. Menant à l’obsession du retour au sommet, sans regard pour les conséquences. Des monstres déchaînés sont ainsi libérés, mettant la planète entière en péril. Aux Minions d’y voir.Pierre Coffin, partoutL’amour que Pierre Coffin a pour le cinéma, des classiques aux films de série B avec leur cohorte de monstres et d’extraterrestres, est au premier plan et de tous les plans dans le long métrage. Des premiers films jamais projetés (L’arroseur arrosé, Le voyage dans la Lune) aux grands succès à travers le temps (Le jour où la Terre s’arrêta, Les dents de la mer, Le blob), tout y défile, à la sauce jaune (pas moutarde). Jusqu’à George Lucas qui fait une apparition (C’est qui, lui ? demandera le petit assistant de service en ce soir d’avant-première).