Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Rassemblement national (RN) Rassemblement national (RN) Rassemblement national (RN) Tribune Stéphane François Historien et politiste Longtemps dédaigneux des alertes venues du monde scientifique sur le réchauffement climatique, voire hostile à celles-ci, le Rassemblement national multiplie les volte-face, alors que la canicule a rendu ses conséquences indéniables, analyse le spécialiste de l’extrême droite, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 15h38, modifié à 15h40 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Mardi 30 juin, le Rassemblement national (RN) a proposé son « grand plan climatisation » lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale. La campagne médiatique avait commencé au plus fort de l’épisode caniculaire. Le 19 juin, Sébastien Chenu, vice-président du RN à l’Assemblée, reprochait aux gouvernements passés de ne pas avoir anticipé le réchauffement climatique face aux alertes des scientifiques. Lorsqu’on connaît le rapport qu’entretient le RN avec l’écologie, il y a de quoi être surpris : opposition générale aux énergies renouvelables, refus des contraintes visant à engager la transition écologique, climatoscepticisme et rejet des conclusions des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) par certains de ses membres et cadres. En 2023, Marine Le Pen considérait encore que ces rapports étaient alarmistes… Et pour cause, pourrions-nous dire aujourd’hui. Les récentes volte-face de responsables du parti d’extrême droite à propos de la canicule sont à la fois intéressantes et pathétiques. Intéressantes, car elles montrent qu’il ne peut plus maintenir sa ligne « anti-écologie punitive ». Le changement et le réchauffement climatiques sont bien là, visibles et surtout perceptibles. Pour le dire autrement, le RN et ses électeurs prennent la réalité climatique en plein visage, et cela fait mal. D’où le revirement. Pathétique, car, pendant longtemps, le parti a considéré l’écologisme comme un « passe-temps de bobos », dixit Jean-Marie Le Pen. Jusqu’en 2010 environ, Mme Le Pen n’hésitait pas à exprimer une sorte de climatoscepticisme « soft ». Elle est plus prudente aujourd’hui. Quant à Jordan Bardella, il continue de fustiger la supposée « écologie punitive » de l’Union européenne. En outre, il reste très souvent ambigu, minimisant, entre autres, l’importance des gaz à effet de serre. Logique économique Depuis la semaine du 22 juin, les médias exhument des propos de caciques du parti sur l’écologisme et le GIEC. Dans ce florilège de tweets et de communiqués officiels, on retient notamment qu’il faudrait choisir entre « la liberté ou l’écologie » (communiqué du RN en 2019) ; que les rapports du GIEC, selon Thomas Ménagé, député du Loiret, ont « parfois tendance à exagérer » (France Inter, le 21 août 2023) ; que les incendies du sud de l’Europe sont d’origine humaine pour Hervé de Lépinau, député du Vaucluse, dans un tweet du 31 juillet 2023. La liste est très longue. Il vous reste 59.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Stéphane François, politiste : « Le RN et ses électeurs prennent la réalité climatique en plein visage »
TRIBUNE. Longtemps dédaigneux des alertes venues du monde scientifique sur le réchauffement climatique, voire hostile à celles-ci, le Rassemblement national multiplie les volte-face, alors que la canicule a rendu ses conséquences indéniables, analyse le spécialiste de l’extrême droite, dans une tribune au « Monde ».










