France PolitiqueRenaissanceLRPSEELVRNÉlectionsLFIEurope. Le dernier Eurobaromètre, publié ce mercredi, souligne un paradoxe : les Français sont satisfaits de leur qualité de vie mais craignent une baisse de leur niveau de vie dans les cinq prochaines années. Publié le 01/07/2026 à 15:34Le dernier Eurobaromètre, réalisé du 9 avril au 4 mai, donne à voir une opinion publique française minée par un contexte de crise politique et économique, incapable de se projeter dans l’avenir et largement pessimiste. ShutterstockQu’est-ce qu’un Français ? "Un Italien de mauvaise humeur", disait Jean Cocteau. Certes, mais pas seulement. Il est aussi plus inquiet, plus pessimiste, plus anxieux que la plupart de ses voisins européens. C’est ce que révèle la dernière vague de l’Eurobaromètre - une grande enquête réalisée tous les six mois, à la demande du Parlement européen, sur un échantillon de 26 000 Européens. À la question "quels sentiments décrivent le mieux votre état émotionnel actuel ?", 53 % des Français sondés répondent "l’incertitude", un taux nettement plus significatif que la moyenne européenne (44 %). Viennent ensuite l’impuissance (34 % contre 23 % en moyenne), l’anxiété (30 % contre 21 %) et la colère (20 % contre 15 %). Logiquement, ils se disent également moins confiants (24 % et 33 %), sereins (19 % et 27 %) et heureux (15 % et 22 %) que la moyenne. L’étude, réalisée du 9 avril au 4 mai, donne à voir une opinion publique française minée par un contexte de crise politique et économique, incapable de se projeter dans l’avenir et largement pessimiste. Seuls 24 % des Français sondés se disent ainsi "optimistes" concernant le futur du monde et 70 % se disent "pessimistes". Ils se disent en revanche plus optimistes sur l’avenir de l’Union européenne (42 %), confirmant une tendance générale : l’UE apparaît pour trois quarts des Européens comme "un espace de stabilité dans un monde incertain".Depuis novembre 2025, notre pessimisme sur l’avenir de la France a augmenté de 8 points, grimpant à 54 %, contre 40 % en moyenne chez les 27. Nous sommes également largement plus pessimistes sur l’avenir de "notre famille et nous-même" que la moyenne (36 % contre 23 %). Comme l’a noté la porte-parole du Parlement européen, Delphine Colard, cette inquiétude s’accompagne d’une exigence croissante vis-à-vis de l’UE. 70 % des Français estiment qu’à l’avenir, le rôle de l’UE en matière de protection des citoyens européens contre les risques de crises mondiales "devrait devenir plus important."Le pouvoir d’achat, principale priorité Tandis que les Français ont plutôt le sentiment d’avoir une bonne qualité de vie - 81 % des sondés se disent satisfaits -, 44 % d’entre eux estiment que leur niveau de vie "va baisser dans les cinq prochaines années". La France arrive largement en tête de ce classement. Au niveau des 27, la plupart des répondants (50 %) estiment que leur niveau de vie ne va pas changer. C’est l’un des enseignements de cette enquête pour les (nombreux) candidats à l’élection présidentielle : la question du pouvoir d’achat sera sans doute au cœur de la campagne. Du moins, dans les esprits des électeurs. À la question "quels sujets souhaiteriez-vous que le Parlement européen traite en priorité ?", 55 % des Français interrogés répondent "l’inflation, la hausse des prix et le coût de la vie" - en hausse de 6 points depuis novembre. La santé publique (36 %) et le changement climatique (27 %) arrivent juste derrière.S’il est un sujet sur lequel Français et Européens s’accordent, c’est qu’il faut se concentrer en priorité sur les questions de défense. Pour "renforcer sa position dans le monde", 44 % des Français sondés souhaitent que l’UE accorde sa priorité à "la défense et la sécurité" - contre 39 % en moyenne. C’est d’ailleurs un invariant, à chaque enquête : parmi les bénéfices perçus de l’appartenance à l’UE, la paix arrive largement en tête (40 %), loin devant la croissance économique (28 %) et les nouvelles opportunités de travail (24 %). L’enquête souligne enfin que, même s'ils entendent relativement peu parler de l’UE, 42 % des Français en ont une bonne image et 62 % estiment que la France a bénéficié de son appartenance à l’UE. Il y a, malgré tout, quelques motifs de satisfaction...