Le Canada pourrait bénéficier des tensions géopolitiques pour devenir une « superpuissance en matière d’exportation d’énergie ». Pour ce faire, le pays doit miser sur sa fiabilité et sur la solidité de son état de droit, a affirmé lundi le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, lors d’une conférence tenue à Montréal.En raison de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz, qui a paralysé le cinquième des exportations mondiales de pétrole et fait exploser les prix à la pompe, on se retrouve face à « la plus grande crise énergétique de la planète », a affirmé M. Birol. Selon lui, « plusieurs pays sont maintenant à la recherche d’autres partenaires énergétiques » et privilégient les États qui ont une démocratie en santé. « Ce sont les nouvelles règles du jeu. »Dans ce contexte, le Canada est bien placé pour en profiter, estime Fatih Birol. Car au-delà de ses ressources naturelles, « la chose la plus importante qu’a le Canada a aujourd’hui, […] c’est la confiance et la prévisibilité ».« C’est une occasion unique pour le Canada de devenir une véritable superpuissance en matière d’exportation d’énergie », croit M. Birol. Or, pour véritablement devenir un exportateur de choix, le pays devra construire rapidement des infrastructures afin d’exporter son énergie. Rapidement, c’est « d’ici deux à trois ans », selon le d.g. « La détermination politique du gouvernement est très forte » à cet égard, a-t-il noté lors d’un panel aux côtés du ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, qui a couvert d’éloges son « ami Fatih ».Cette occasion d’exporter davantage devrait aussi aller de pair avec l’adoption de mesures d’efficacité énergétique, soutient M. Birol. « Plus les Canadiens utilisent leur énergie de manière efficace, premièrement, plus ils gardent d’argent dans leur poche ; deuxièmement, c’est meilleur pour l’environnement ; et troisièmement, cela leur permet d’exporter davantage d’énergie. »L’énergie comme mécanisme de défenseL’énergie est au cœur des conflits armés, a rappelé en matinée Dan Jørgensen, commissaire à l’Énergie et au Logement de la Commission européenne. Les pays européens ont d’ailleurs sabré dans leurs importations de gaz naturel et de pétrole en provenance de la Russie dans la foulée de la guerre en Ukraine.
Le Canada pourrait bénéficier des crises pense le d.g. de l’Agence internationale de l’énergie
Selon Fatih Birol, le pays a tous les atouts alors que le monde cherche des sources d’approvisionnement fiables.








