Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Défense européenne Défense européenne Défense européenne Chronique Fabrice Gliszczynski Journaliste au service Economie Si la France et l’Allemagne ont annoncé un accord sur la stratégie et la gouvernance « paritaire » de KNDS, avec un chamboulement à venir de l’actionnariat de l’entreprise, Fabrice Gliszczynski, journaliste au service Economie, observe, dans sa chronique, deux grandes fragilités au projet. Publié aujourd’hui à 08h00, modifié à 12h44 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Trois semaines après l’abandon du projet de système de combat aérien du futur (SCAF) franco-germano-espagnol, la flamme de la coopération entre Paris et Berlin dans le secteur de la défense n’est pas totalement éteinte. Elle se ravive même dans l’armement terrestre avec l’annonce du gouvernement allemand et de l’Elysée, lundi 22 juin, d’un accord sur la stratégie et la gouvernance « paritaire » de KNDS, un groupe franco-allemand détenu à 50-50 par l’Etat français et la famille allemande Bode-Wegmann. Un chamboulement de l’actionnariat se profile en effet avec l’entrée en force de Berlin au capital à hauteur de 40 %, une participation qu’elle achètera à la famille allemande. Souhaitant se désengager, cette dernière va ainsi vendre ses 10 % restants en Bourse, tout comme l’Etat français afin de ramener sa participation à 40 % et assurer la parité avec l’Etat allemand. Avec cette opération, symbole de la montée en puissance de l’Allemagne dans la défense, Paris et Berlin cherchent non seulement à démontrer qu’ils sont capables de coopérer dans ce secteur, mais aussi qu’ils soutiennent, dans un contexte de réarmement de l’Europe face à la menace russe et au repli à venir de la présence américaine du Vieux Continent, cette entreprise stratégique en forte croissance, à la rentabilité exponentielle, et aux ambitions affichées d’agir en industriel paneuropéen, répondant aux besoins de toutes les armées européennes. L’introduction en Bourse doit ainsi permettre au constructeur du char Leopard et du canon Caesar de jouer un rôle moteur dans la consolidation du secteur en Europe, en lui donnant les moyens de procéder à l’avenir à des acquisitions. Non pas en numéraire, puisque le fruit de la cession des actions en Bourse ira dans les poches de l’Etat français et de la famille Wegmann, mais en échange d’actions. Ce schéma comporte deux fragilités : la première est conjoncturelle et concerne la valorisation de KNDS, touchée par le recul en Bourse ces derniers mois des entreprises de défense européennes. Estimée dans les milieux d’affaires à 25 milliards d’euros il y a quelques mois, puis, selon Bloomberg, entre 15 et 18 milliards quand KNDS a annoncé, mercredi 24 juin, son entrée sur les marchés financiers « dans quelques semaines », son évaluation est aujourd’hui percutée par la dégringolade boursière du géant de l’armement Rheinmetall (− 20 %), après l’annulation, le 24 juin également, d’un contrat naval par Berlin. Il vous reste 58.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.