Le jeune réalisateur Philippe Frenette-Roy, aujourd’hui 37 ans, n’a pas osé demander directement aux trois vénérables membres du groupe québécois UZEB s’ils accepteraient qu’il leur consacre un documentaire. Connaisseur et amateur du jazz fusion, le cinéaste a pris il y a plus de six ans un grand détour en lançant d’abord les bases d’un projet plus large sur ce genre musical foisonnant, éclectique, clivant. « Je me sentais un peu imposteur, c’était mon troisième documentaire et UZEB, c’est big ! » Puis, ragaillardi, il a cerné son angle et pointé sa caméra sur la formation maintenant cinquantenaire qui a marqué les années 1980.Le résultat ? UZEB en fusion, un film d’un peu plus de 90 minutes qui nous fait voyager dans le temps à la rencontre des musiciens qui ont fait naître le groupe à Acton Vale, le 14 août 1975 — jour de la Saint-Eusèbe, d’où ils tireront leur nom. La production nous transporte avec une étonnante transparence jusqu’à la fin des haricots, en 1992. De la fusion à la scission. Le film est lancé pendant le Festival international de jazz de Montréal, le 29 juin, mais prendra ensuite l’affiche le 3 juillet dans quelques cinémas.
Autour de la grande table de bois, ils sont là, les trois vénérables piliers du groupe UZEB. Il y a Michel Cusson, cabotin et partisan de l’exploration technologique au service de la musique. Il y a Paul Brochu, le plus discret mais ô combien doué batteur. Et Alain Caron, le bassiste d’excellence, calme et confiant, dont la voix rassurante nous fait presque regretter que le groupe ait été instrumental.« Moi, j’étais surpris que Philippe veuille faire ça. Je ne pensais pas qu’on avait tant de fans. Je suis content, je suis très fier de ça, mais j’étais un peu surpris », avoue Paul Brochu. Alain Caron partage sa surprise.










