Patrick Pelloux, urgentiste pendant la canicule : "Même au niveau du Covid on n'avait pas eu ça"
C'est un cri d'alarme. Invité sur RTL dimanche 28 juin, le médecin-urgentiste Patrick Pelloux alerte sur les niveaux de saturation des hôpitaux après plusieurs jours de chaleurs extrêmes et alors que la canicule s'évacue lentement vers l'Est. Selon lui, il faut remonter à 2003 pour retrouver un tel niveau de saturation dans les services d'urgence. "Même pendant le Covid, on n'avait pas eu ça", estime-t-il. Le médecin craint que la situation sanitaire s'aggrave et que le nombre de morts soit aussi "considérable" que celui de 2003 (15.000 décès avaient alors été attribués à la canicule du mois d'août).
Déjà, de premiers indices laissent à penser que le bilan sera lourd. "Il y a eu plus d'une soixantaine de morts sur Paris hier [samedi]", nous indique Patrick Pelloux. "Il y a une surmortalité, c'est net."
"Je pense que Santé publique France [qui a annoncé dimanche avoir déjà recensé 1.000 décès de plus que la normale depuis mercredi] est en retard. Le temps que toutes les statistiques remontent, il faut un peu de délai", explique le médecin.
Une mortalité "deux à cinq fois" plus élevéeLe président de l'association des médecins-urgentistes de France et ses collègues ont vu la vague de décès monter dans la semaine. "On a très vite senti qu'on était entre deux fois et cinq fois la mortalité [habituelle]", dit-il. "Nous n'avons même pas commencé la partie, alerte-t-il. Le mois de juillet n'a même pas commencé. On ne sait même pas ce que ça va donner dans les semaines qui vont suivre".












