Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Essais Moyen Age Essais Moyen Age Essais Moyen Age Apparu au XIVᵉ siècle, le mot « jacquerie » a été employé à propos des « bonnets rouges », en 2013, et des « gilets jaunes », en 2018. L’historien a analysé toutes les archives médiévales disponibles, qui révèlent le caractère méprisant du terme. Article réservé aux abonnés « La Jacquerie. Devenirs des effrois de 1358 à nos jours », de Gaëtan Bonnot, préface de Patrick Boucheron, PUF, « Le nœud gordien », 328 p., 27 €, numérique 18 €. « S’ils se fâchaient une fois de plus, eux qui sont le nombre, s’ils réclamaient enfin leur part de jouissance ? », écrivait Emile Zola (La Terre, 1887). « Eux », c’est le peuple des campagnes, dont on craint la violence hors de contrôle : les jacqueries. Sept siècles après son apparition, ce mot ressurgit régulièrement dans le débat public – avec les « bonnets rouges » bretons de 2013, les « gilets jaunes » en 2018. Dans La Jacquerie, le médiéviste Gaëtan Bonnot revient à son origine, à la recherche de sa signification historique, puis de son ombre portée dans nos consciences collectives. Au printemps 1358, le royaume de France est plongé dans une crise profonde, politique, militaire et sociale. En pleine guerre de Cent Ans, le roi Jean II est prisonnier des Anglais, qui négocient sa rançon contre de fortes concessions territoriales et de l’argent – aggravant l’instabilité monétaire et la pression fiscale sur la population. Alors que la société se relève à peine de la peste noire (à partir de 1348 en France), des bandes de combattants errants pillent les campagnes. Exaspérés, les paysans du nord du royaume se soulèvent alors contre la noblesse, pillant les châteaux et massacrant des seigneurs et leurs familles. Après quelques semaines de révolte, celle-ci est férocement réprimée. Il vous reste 72.64% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.