Au bord d’un cours d’eau ou à l’ombre d’un vieux chêne, l’art ausi peut avoir des vertus “rafraichissantes” ! En voici quelques exemples, à voir ou revoir dans la capitale, et autant de raisons de profiter de la climatisation des musées en attendant une accalmie. “Trois Baigneuses” (1879-1882) de Paul Cézanne, à admirer au Petit Palais. Musee de la Ville de Paris, Musee du Petit-Palais, France/Bridgeman Images Par Mathieu Favier Publié le 27 juin 2026 à 10h00 Sous le ciel de Paris, ne s’envole plus une chanson d’amour mais stagne une chaleur suffocante. Au point de nécessiter la fermeture anticipée de plusieurs musées, dont Le Louvre qui, jusqu’à samedi 27 juin, ferme exceptionnellement à 16 heures. Si ses salles sont climatisées, les espaces transitoires tels que le hall d’accueil, sous la verrière de la pyramide, ne le sont pas. Malgré ses espaces eux aussi climatisés, le musée des Arts décoratifs a dû fermer l’accès à une partie de ses très riches collections permanentes (étages 7 à 9) face aux températures extrêmes. Le musée d’Art moderne — non climatisé — a, quant à lui, décroché une partie de ses collections pour les mettre à l’abri, au frais dans les réserves du sous-sol. Pour s’offrir — malgré tout — un bol d’air, Télérama vous a sélectionné des œuvres « rafraîchissantes » à admirer dans ces salles où la température reste supportable. Un coup de chaud ? Même pas peur ! “Le Pont d’Argenteuil” (1874) de Claude Monet, au musée d’Orsay Sur l’eau, le reflet d’un ciel d’après-midi et trois petits voiliers qu’on imagine cliqueter au gré des remous. Les marins, absents, ont-ils décidé d’aller se baigner ? On divague salle 32, niveau supérieur. Musée d’Orsay, esplanade Valéry-Giscard-d’Estaing, 7e. Du mardi au dimanche : 9h30-18h. Fermeture anticipée à 17h le 27 juin. 0-16 €. “Trois Figures sous un arbre” (1908) de Pablo Picasso, au musée Picasso Comme elles, on glane ce qu’on peut de fraîcheur auprès des arbres, tandis que la ville de Paris ouvre la plupart de ses parcs toute la nuit. Avec quelques hachures vertes et marron, Picasso fait surgir tronc et branchage. Sous l’arbre, trois femmes, les yeux fermés, ont l’air songeuses, ou sont-elles endormies ? Le mystère plane au 1er étage. Musée Picasso, 5, rue de Thorigny, 3e. Du mardi au dimanche : 9h30-18h. 0-16 €. “Trois Baigneuses” (1879-1882) de Paul Cézanne, au Petit Palais Les baigneuses de Cézanne seraient-elles en train de profiter d’un plongeon gratuit au lac de Blois-le-Roi, près de la forêt de Fontainebleau ? C’est peu probable, mais on peut rêver face au tableau, ébloui par l’éclair de soleil qui le traverse. On se laisse éclabousser au rez-de-jardin, salle impressionniste. Petit Palais, av. Winston-Churchill, 8e. Du mardi au dimanche : 10h-18h. Entrée libre dans les collections permanentes. À lire aussi : Où se baigner à Paris pendant la canicule ? Les meilleurs spots dans la capitale et aux alentours “Les Nymphéas” (1920 – 1926) de Claude Monet, à l’Orangerie On voudrait pouvoir y plonger, dans ces nymphéas qui ont inspiré près de trois cents tableaux à Claude Monet. Célébrissimes, ils nous transportent dans des camaïeux crépusculaires où l’on frissonnerait presque, imaginant la rosée matinale. On se contentera de la climatisation pour admirer, au rez-de-chaussée, cette « Sixtine de l’impressionnisme » — selon l’expression consacrée du peintre André Masson — déployée en huit compositions. L’Orangerie, jardin des Tuileries, 1er. Du mercredi au lundi : 9h-18h. Fermeture anticipée à 17h le 27 juin. 0-12,5 €. “Vénus sortant du bain” (1767) par Christophe-Gabriel Allegrain, au musée du Louvre Oserait-on se comparer à Vénus, symbole de l’amour ? Après tout, dans son ensemble de marbre d’1,74 mètre, elle sort de son bain — comme nous, qui sommes tentés de prendre plusieurs douches par jour —, s’essuyant la cuisse gauche. Peut-être nous manque-t-il la grâce ? On en juge cour Puget (salle 105). Musée du Louvre, 8, rue Sainte-Anne, 1er. Lundi, jeudi, samedi et dimanche : 9h-18h. Mercredi et vendredi : 9h-21h. Fermeture anticipée à 16h jusqu’au 28 juin. 0-32 €. Sans titre, in “Dami (Fulmen)” de SMITH, au Mac Val L’artiste SMITH, à travers ses photographies, confronte règnes humain, animal et végétal. Une réflexion brûlante. Dans un cliché infrarouge, une silhouette verte fluorescente est en partie recouverte par un feuillage. On serait presque nostalgique en pensant à la fraîcheur qu’apporte normalement la nuit. À découvrir dans l’exposition « Ici grand ouvert ». Musée d’Art contemporain du Val-de-Marne, place de la Libération, 94400, Vitry-sur-Seine. Du mardi au dimanche : 11h-18h. 0-5 €. À lire aussi : Cinq façons insolites (et culturelles) de trouver un peu de fraîcheur à Paris pendant la canicule Éventail attribué à Mariaval Le Jeune et Brallet (vers 1735-1740), au musée des Arts décoratifs Ces derniers temps, on s’y accroche autant qu’à nos téléphones : les éventails. Aujourd’hui déclinés dans toutes les formes, matières et tailles, à quoi ressemblaient-ils au XVIIIᵉ siècle ? Réponse dans l’exposition « Une journée au XVIIIe siècle, chronique d’un hôtel particulier ». Accessoire aussi pratique qu’esthétique, il se pare d’ivoire et s’offre de riches représentations à la gouache — partitions de musique, scène paysanne et estampes s’entremêlent. Musée des Arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, 1er. Du mardi au dimanche : 11h -18h. 0-15 €. “La Barque” (1887) de Claude Monet, au musée Marmottan-Monet Embarquer, on ne demanderait que ça. Les herbes foisonnantes sont battues par un courant qu’on devine alimenté par une rivière vivifiante. On se projette facilement dans ce tableau aux dimensions massives — 1,46 mètre de haut, 1,33 mètre de large — qui présente l’incongruité de figurer le sujet du tableau, la barque, en haut à droite. On plonge au sous-sol du musée, salle Monet. Musée Marmottan-Monet, 2, rue Louis-Boilly, 16ᵉ. Du mardi au dimanche : 10h-18h. 0-14 €. “Fossils_7” (2026) de Laure Winants, au musée Albert-Kahn Albert Kahn souhaitait créer des « archives de la planète ». Près de quatre-vingt-dix ans plus tard, cette ambition continue au gré du festival Mondes en commun. Les œuvres de onze artistes sont exposées dans le vaste jardin ombragé. Parmi elles, notre regard s’arrête sur ce qui semble être un coquillage, à la lisière entre une algue et une feuille. Le nuancier de verts et de bleus nous attire vers les fonds marins. À lire aussi : Les meilleures expositions à voir en ce moment à Paris “Poisson volant (Flying Fish)” (1957) de Calder, à la Fondation Louis Vuitton Dans un geste architectural, Frank Gehry a fait de la Fondation Louis Vuitton un paquebot de toiles en béton fibré. À l’intérieur, l’air frais de la climatisation fait virevolter les mobiles en forme de poissons du sculpteur américain Calder. Excursion dans un aquarium particulier, niveau 1, galerie 5. Fondation Louis Vuitton, 8 av., du Mahatma-Gandhi, 16e. Du mercredi au lundi, de 10h à 20h. 0-18 €.
Dix œuvres pour glaner un peu de fraîcheur dans ce Paris caniculaire
Au bord d’un cours d’eau ou à l’ombre d’un vieux chêne, l’art ausi peut avoir des vertus “rafraichissantes” ! En voici quelques exemples, à voir ou revoir dans la capitale, et autant de raisons de profiter de la climatisation des musées en attendant une accalmie.













