D’un côté, les chiffres sont sans équivoque : le taux de chômage au Québec est le plus élevé chez les 15 à 19 ans. De l’autre, les témoignages d’employeurs affirmant avoir des difficultés à recruter pour la période estivale se multiplient. Plusieurs montrent du doigt la génération Z, jugée compliquée, peu motivée, moins fiable. L’est-elle vraiment ? Les jeunes sont-ils devenus paresseux ? On fait le point.

On ne compte plus les publications sur les réseaux sociaux ou les témoignages dans les médias critiquant le comportement de la génération Z sur le marché du travail. Dans les emplois saisonniers — restauration, hôtellerie ou commerce de détail —, la tendance serait particulièrement lourde.Sans faire une généralisation — « des jeunes motivés et travaillants, ça existe » —, plusieurs employeurs ont raconté au Devoir faire face à des candidats aux attentes trop élevées. Certains refusent de travailler les fins de semaine ou en soirée et demandent deux semaines de vacances pendant leur emploi d’été. D’autres négocient systématiquement leur salaire sans expérience préalable.S’ajoute le phénomène du ghosting. Les jeunes seraient plus nombreux à disparaître après avoir postulé un emploi. D’autres passent le processus d’embauche, mais abandonnent le premier jour — ou la première semaine — de travail.Un marché difficile pour les jeunesCette image d’une jeunesse qui ne veut pas travailler contraste avec les données de Statistique Canada. En 2025, le taux de chômage chez les 15-19 ans (12,5 %) était deux fois plus élevé que dans l’ensemble de la population québécoise (5,6 %). En 2026, la moyenne des cinq premiers mois montre que le taux continue d’augmenter, atteignant 13 % chez les 15-19 ans contre 5,9 % pour l’ensemble de la population active.