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Reportage« Donbass, la guerre jusqu’à l’usure » (2/2). Dans cette région industrielle occupée à 80 % par les troupes russes, les villes de Sloviansk et de Kramatorsk sont devenues le cœur du dispositif défensif ukrainien. Une partie de leurs habitants choisissent de fuir vers des zones plus sûres. Les autres tentent de survivre comme ils le peuvent.
Les affaires ont été rassemblées dans la cour en béton de la petite maison, quelques heures avant le départ. Des armoires, des canapés, des tables, des chaises et une cage à perroquet s’entassent sous le regard des voisins venus prêter main-forte. Au milieu des meubles, Artyom, 7 ans, court encore comme s’il s’agissait d’un jeu. Il est un peu plus de 6 h 30 du matin, vendredi 12 juin. La chaleur humide et lourde des étés du Donbass n’a pas encore envahi la ville de Sloviansk, le déménagement peut enfin commencer.
Douze jours plus tôt, dans la nuit du 31 mai, un bombardement a éventré la maison familiale. Natalia Bredikhina, 29 ans, se souvient encore de l’explosion, du choc, puis des secouristes et des soldats venus l’extraire des décombres, avec son fils et sa mère. « C’était l’horreur », résume-t-elle. Depuis, son petit garçon souffre d’une commotion cérébrale provoquée par la violence de l’impact.









