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ReportageDans cette métropole du sud du pays, séparée des positions ennemies par le seul fleuve Dniepr, les Ukrainiens assurent avoir repris l’avantage face à une artillerie russe affaiblie, sans pour autant avoir les moyens de lancer une contre-offensive.

Certains de ses hommes boivent tranquillement à la terrasse du café L., dont nous tairons le nom afin qu’il ne soit pas localisé, même si, à Kherson, comme ailleurs en Ukraine, la transparence du champ de bataille, comme disent les militaires, fait qu’il y a peu de secrets pour l’ennemi.

Du ciel, l’œil du drone voit tout, sait tout. Les explosions qui s’abattent sur la ville s’enchaînent, en ce matin de juin, à raison d’une frappe toutes les cinq minutes. « Drones kamikazes », annonce un soldat. L’artillerie russe, en revanche, semble au repos. Des civils font leurs courses, d’un pas certes un peu pressé, dans les rues avoisinantes, sans foncer vers les abris. A la terrasse du L., nul ne bouge. Trois officiers tatoués font la conversation à une jeune femme qui rit aux éclats.