Comment la France a décroché en matière de production de médicaments

On parle régulièrement de la désindustrialisation française, en l'expliquant par la concurrence chinoise, qui ratisse les producteurs dans tous les domaines à cause de ses prix incroyablement bas. Il ne faut pas oublier que la crise de l'industrie française est parfois largement auto-infligée. Nous sommes fautifs. C'est le cas pour une activité qui était naguère l'un de nos secteurs d'excellence, la pharmacie. Selon l'étude annuelle publiée par le Leem, qui regroupe les fabricants de médicaments en France, révélée par le journal Les Échos, le secteur est en sévère perte d'activité.

Bon nombre d'indicateurs sont au rouge, signalant un décrochage de l'Hexagone par rapport à ses voisins européens comme l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ou la Suisse. Des pays qui n'ont pas les mêmes coûts du travail que la France, et vis-à-vis desquels on ne devrait pas perdre du terrain.

En France, le délai pour qu'un nouveau médicament autorisé par Bruxelles soit disponible et remboursé est le plus long, 520 jours en 2025, contre 443 en 2022. Même la procédure d'homologation accélérée ne fait pas recette, la moitié des traitements qui pouvaient en bénéficier en France ne l'ont même pas sollicité. Car le marché français du médicament, bien que le deuxième du continent en valeur, n'intéresse plus assez les industriels. Tout simplement parce que les prix sont les plus modestes en Europe. Il faut rappeler que ces prix sont définis par la Sécurité sociale. Ils sont les plus bas possible, afin de limiter le coût des remboursements.